Les pommes sont les meilleures en cette saison, et ce fruit est sans contredit le préféré des Québécois. La province compte près de 600 pomiculteurs réunis en une fédération depuis 1974. Depuis fort longtemps, des vergers réputés nous offrent une variété de pommes exceptionnelles, particulièrement en Montérégie. On dit que c’est en 1637 avec Louis Hébert, apothicaire au service du roi et agriculteur, que les premiers pommiers arrivèrent en Nouvelle-France. Les prêtres de Saint-Sulpice auraient même planté, dit-on, le premier verger sur les flancs du majestueux Mont-Royal vers 1650. Les vergers agrémentent donc nos régions depuis fort longtemps.
La pomme que nous consommons abondamment aujourd’hui remonte à l’époque du néolithique sur les plateaux de l’Asie centrale. Il y a plus de trois mille ans, ce fruit était déjà consommé par les Chinois. Les historiens nous indiquent qu’elle est parvenue par la route de la soie d’abord chez les Arabes, les Grecs et les Romains. À l’époque romaine, on pouvait déjà dénombrer une centaine de variétés de pommes. Aujourd’hui, il en existerait plus de vingt mille variétés dont sept mille sont cultivées à travers le monde. La pomme a traversé l’histoire et meublé notre imaginaire de mille et une légendes. Un bon nombre d’entre nous se rappelle sans doute le légendaire Guillaume Tell qui fut contraint par le bailli Gessler, sous peine de mort, d’atteindre d’une flèche la pomme sur la tête de son fils à l’aide d’une arbalète. À l’époque du Moyen Âge, les monastères jouèrent un grand rôle dans le développement de cette culture. Que l’on se rappelle l’étonnant et énigmatique Frère Tuck, compagnon de Robin des Bois, grand amateur de cuisine et de saveurs de tout genre.
Nous connaissons tous le célèbre dicton anglo-saxon vieux de plusieurs siècles : « An apple a day keeps the doctor away ». Les vertus thérapeutiques de ce fruit sont bien réelles. Pendant longtemps, la pomme entrait dans la confection de nombreux onguents. N’oublions pas que le mot pommade vient du mot pomme. Sans être un fruit miraculeux, la pomme offre tout de même une excellente valeur nutritive notamment par sa teneur en fibres solubles qui aide grandement à normaliser la glycémie et à réduire le cholestérol sanguin. Des chercheurs de l’université Cornell viennent de mettre en évidence que les vertus insoupçonnées de la pomme. Ils rapportent qu’une petite pomme de cent grammes avec la pelure a un potentiel antioxydant aussi élevé que 1500 mg de vitamine C. On dit même que ce fruit merveilleux freinerait le développement du cancer de la prostate et du poumon.
On retrouve de nombreuses variétés de pommes au Québec, mais les quatre principales sont la McIntosh, la Cortland, la Spartan et l’Empire. En cette période des saveurs du terroir, toutes les raisons sont bonnes pour manger québécois. Que ce soit pour le goût savoureux des aliments québécois, pour leur rôle économique, environnemental ou même simplement par fierté. Consommer des produits de chez nous, c’est une source de prospérité. Saviez-vous que l’industrie alimentaire du Québec compte plus de 485 000 passionnés qui travaillent chaque jour dans différents domaines? On en retrouve plus de 60 000 dans le secteur de l’agriculture. Chaque fois que nous choisissons un produit alimentaire d’ici, à l’épicerie ou au marché, nous contribuons à conserver des emplois et à faire croître l’économie de la province. On dit qu’un accroissement de 1% des ventes dans l’industrie alimentaire entraînerait la création de plus de 1 800 emplois directs et indirects. Impressionnant, n’est-ce pas?
Sans tomber dans les pommes en ce début d’octobre, laissez-vous chanter la pomme un petit peu. Avec les élections municipales qui se tiendront à travers la province dans quelques semaines, n’ayez crainte on vous la chantera la pomme sur tous les tons. C’est à Montréal que le suspense sera le plus grand, pour ne pas dire juteux à souhait. Avec les récents déboires du maire Tremblay la coupe déborde du côté d’Union Montréal. Pour sa part, la présidente de Vision Montréal, Louise Harel, se fait reprocher constamment son unilinguisme francophone. Non, les jeux sont loin d’être faits puisque Richard Bergeron de Projet Montréal, muni d’un programme cohérent et d’un parti bien organisé, ne cesse de bouger les pions sur l’échiquier. Dans cette bataille de titans, il y aura plusieurs pommes de route sur le chemin de la mairie de Montréal, qui risqueront de faire trébucher d’actuels ténors sur la scène municipale.
Quoi qu’il en soit la pomme et ses nombreux dérivés sont là pour nous aiguiser les papilles de leurs agréables douceurs. Même le brillant Newton fut fasciné par la pomme. L’homme d’état et financier américain Bernard Baruch disait : « Des millions de gens ont vu tomber une pomme, Newton est le seul qui se soit demandé pourquoi. » Laissez-vous tenter!