Le Journal de Montréal titrait en début de semaine : « Un record d’antidépresseurs ». Nous apprenions dans cet article que l’an dernier, plus de 11 millions d’ordonnances avaient été prescrites dans la province. Ça fait pas mal de pilules, mes amis! On signalait que c’était une augmentation de près de 10% par rapport à l’an dernier. La déprime semble en croissance constante chez nous. Plusieurs facteurs contribueraient à cette hausse : troubles de l’humeur, vieillissement, isolement, effritement du tissu social, crise économique, etc. De nombreux spécialistes mentionnent que la dépression demeure encore un sujet assez tabou chez nous. Il y a des préjugés qui sont fort résistants et nombre de personnes hésitent à consulter pour obtenir de l’aide. La dépression, c’est un mal qui nous mine de l’intérieur au fil des jours.
Nous vivons tous des moments de doute, de vague à l’âme, d’échecs même. Et il arrive un jour où tout bascule sans trop savoir pourquoi. On se sent inutile, impuissant, déçu; on ne dort presque plus et on perd l’appétit; on manque d’intérêt et on fuit les autres; on se sent épuisé et on ressent une certaine culpabilité; on a même parfois des pensées morbides, voire suicidaires. Que se passe-t-il au juste? On ne se reconnaît plus, on n’ose pas l’avouer et on hésite à s’ouvrir et à demander l’aide salutaire.
Ces statistiques dévoilées cette semaine me font penser à Paul-André, un jeune homme dans la trentaine, à la belle prestance, mais au regard triste. Il me dit un jour, tout bonnement, en me regardant droit dans les yeux: « Tu sais, pendant dix ans, je suis passé à côté de ma vie. » Intrigué par cet aveu, j’avais à peine ouvert la bouche qu’il continua à me parler avec une étonnante éloquence : « J’étais fatigué et je n’avais envie de rien. J’ai commencé à m’éloigner de mes amis, à me refermer sur moi-même. J’avais aussi du mal à me concentrer et à travailler. J’ai consulté mon médecin et il m’a prescrit des médicaments. J’en ai pris pendant plusieurs années. Mais, ce sont des proches qui m’ont aidé le plus. Je me sens mieux, mais je reste fragile, vulnérable. »
Fragiles et vulnérables, nous le sommes. Personne n’est à l’abri d’une dépression. Elle est l’un des troubles psychologiques les plus fréquents, mais souvent mal connu du grand public. D’ailleurs, le mot n’a pas la même signification pour tout le monde. Entre 10 et 25 % des femmes risquent de faire une dépression au cours de leur vie; chez les hommes, 5 à 12 % d’entre eux courent le même risque. Dans le jargon médical, l’on distingue généralement deux types de dépression : la dépression majeure et la dysthymie. La première consiste en un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs qui tranchent avec le fonctionnement habituel de la personne. La dysthymie se caractérise davantage par des symptômes dépressifs chroniques et persistants qui peuvent durer plusieurs années.
L’Association canadienne pour la santé mentale estime qu’un Canadien sur cinq éprouvera une maladie mentale à un moment quelconque durant sa vie. Selon plusieurs rapports médicaux, il est possible de guérir plus de 60% des cas de dépression en associant judicieusement les antidépresseurs et la psychothérapie. Plusieurs études démontrent aussi que l’exercice pratiqué régulièrement fait fuir la dépression. Francine Therrien, kinésiologue, signale que la course repousse les frontières de la dépression. Dans certains cas, un exercice intense et régulier pourrait être aussi efficace que la prise d’antidépresseurs. Une activité sportive intense, pratiquée trois fois par semaine, aurait, selon la chercheure de l’Université de Sherbrooke, des effets neurologiques appréciables et contribuerait à lutter contre la dépression. Alors qu’attendons-nous pour chausser nos godasses et partir à la découverte des paysages splendides de cet automne des plus cléments. Qui sait ce que nous découvrirons au détour d’un sentier?
Le bonheur n’est-il pas fait de petites choses, de simples gestes, de paroles anodines, de larges sourires, d’éclats de rires? Il n’est pas toujours facile le chemin qui mène au bonheur. Il est vrai que nous devons penser aussi au bonheur de ceux qui nous entourent et qui nous aiment, mais ce que nous pouvons faire de mieux pour les autres, il me semble, c’est encore d’être heureux. La plus grande source de notre bonheur n’est-elle pas d’être bien avec soi? Devenir soi-même, n’est-ce pas l’aventure parfois difficile mais combien passionnante de toute une vi. J’aime ajouter, même après la vie. Allez, le meilleur est à venir!