Jamais dans l’histoire récente autant d’êtres humains n’ont souffert de la faim dans le monde. Le récent rapport de l’ONU dévoilé la semaine dernière est alarmant. Imaginez, plus d’un milliard d’humains sur terre sont sous-alimentés. Un milliard, ça fait beaucoup! Les affamés dans le monde ne se retrouvent pas en Occident bien entendu; 99,75% du 1,02 milliard d’affamés vivent dans les pays en voie de développement. Ce sont les pays de l’Asie-Pacifique et de l’Afrique qui sont les plus touchés par la pénurie alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 20 des 30 pays considérés comme les plus vulnérables se trouvent en Afrique, principalement en Afrique subsaharienne.
Les images d’enfants squelettiques couverts de plaies et de mouches ne sont plus tolérables. Il faut avoir mis les pieds en Afrique pour saisir et comprendre combien l’être humain souffre. Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde est exponentiel depuis une décennie. Force est de constater qu’aucun progrès n’a été effectué pour atteindre les objectifs du Millénaire fixés par les Nations Unies. Le regretté Jean-Paul II lançait déjà l’alarme il y a trente ans : «L'ampleur du phénomène met en cause les structures et les mécanismes financiers, monétaires, productifs et commerciaux qui, appuyés sur des pressions politiques diverses, régissent l'économie mondiale: ils s'avèrent incapables de résorber les injustices héritées du passé et de faire face aux défis urgents et aux exigences éthiques du présent. Tout en soumettant l'homme aux tensions qu'il crée lui-même, tout en dilapidant à un rythme accéléré les ressources matérielles et énergétiques, tout en compromettant l'environnement géophysique, ces structures font s'étendre sans cesse les zones de misère et avec elles la détresse, la frustration et l'amertume... ».
En franchissant la barre du milliard d’humains sous-alimentés, le monde est un au bord du gouffre. Comment laisser une personne sur six mourir de faim alors que l’on investit massivement dans des guerres fratricides et honteuses dans de nombreux pays de la planète. Imaginez la catastrophe appréhendée d’ici 2050; la terre passera à 9 milliards d’êtres humains. Il n’y a pas que la crise économique qui a ses incidences sur la question alimentaire mondiale, mais aussi toutes les autres crises successives qui secouent le monde : l’eau, l’environnement, les conflits armées, les changements climatiques, le VIH, etc. La misère fait rage!
Selon Ambroise Mazal, représentant des ONG françaises, 30 milliards de dollars annuellement permettraient de rayer la faim. Combien de milliards les gouvernements ont investi au cours de la dernière dans le sauvetage financier des banques et du système financier? Des centaines et des centaines de milliards pour sauver les riches; de quoi sauver l’humanité de la faim pour des dizaines d’années. Pour les organisations internationales de lutte à la pauvreté, cela laisse un goût très amer. Pendant que des millions de personnes meurent de faim, des hauts dirigeants de sociétés américaines, après avoir mal gérés leurs entreprises, recevaient des millions en primes de départ. Il y a de quoi révolter les plus pacifistes de la terre.
Il ne faut certes pas minimiser les effets pervers de la crise économique sur la malnutrition, mais cette crise alimentaire n’est pas conjoncturelle. Que l’on se rappelle qu’au cours des années 80, la malnutrition avait connu une baisse considérable. Toutefois, celle-ci a regagné du terrain depuis le début du siècle, un troisième millénaire qui a pourtant connu jusqu’en 2007 une croissance économique sans précédent. Les chiffres sont clairs aujourd’hui: 3 milliards de personnes ne mangent pas à leur faim, 2 milliards souffrent de malnutrition et 1,02 milliard de la faim. C’est une situation explosive, une bombe à retardement quoi!
C’est à l’agriculture qu’il faut s’attaquer en y injectant des sommes colossales. L’urbanisation est une tare dans les pays en voie de développement. Les industries des pays les plus pauvres ne possèdent pas les infrastructures pour contrer la faim. Cette une erreur fondamentale que de soutenir les infrastructures urbaines, car 75% des personnes souffrant de la faim sont des paysans et des travailleurs agricoles. Le message est plus que clair, pour réduire la pauvreté, il faut valoriser l’agriculture et aider le paysan à produire. Il n’y a pas mille et une stratégies pour enrayer ce fléau meurtrier.
Alors que des touristes de l’espace deviennent de plus en plus nombreux à sillonner et scruter l’univers, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui meurent sur terre du manque de nourriture, de l’essentiel. L’alimentation est un droit fondamental non pas une option. Il me semble que tous les brillants savants de cette planète pourraient se mettre ensemble pour inventer une agriculture efficace, intensive, .écologique. Dans les pays riches, un milliard d’humains est préoccupé d’un surpoids alors que le reste du monde crève littéralement de faim. Les chefs d’État et les gouvernements avaient affirmé lors du dernier sommet de la FAO qu’ils seraient au rendez-vous. Ils se font toujours attendre! Le chanteur Georges Moustaki disait bien « Il y avait un grand jardin qu’on appelait la terre. » Qu’avons-nous fait de ce magnifique jardin?
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