À vrai dire, nous assistons ces jours-ci à tout un cirque de polémiques; même l’ancien chef de l’ADQ, super Mario, se voit mêler à toutes ces dénonciations où plane à nouveau l’ombre de l’éternel Tony Accurso. Il semble avoir les bras longs ce cher Accurso, aussi long que son splendide bateau, haut lieu parait-il d’échanges douteux et lucratifs. Qui fera le ménage dans cette mairie aux allures de basse-cour où plusieurs coqs aux crêtes rougeâtres, pour ne pas dire rebelles, voient de plus en plus rouges en clamant haut et fort leur innocence et leur incompréhension? Qui croire parmi tous ces gallinacés perchés sur des amoncellements de contrats douteux?
La semaine dernière, le maire Gérald Trembay quelque peu ému et nerveux, a livré certaines révélations troublantes aux représentants de la presse lorsqu’il a parlé de la mafia aux portes de la mairie, de bombes découvertes dans sa résidence secondaire et de crainte appréhendée pour les membres de sa famille. On se penserait à l’époque de la CECO ou tout simplement dans un film de mafiosi dans les recoins de Palerme en Sicile. C’est très sérieux tout cela! C’est une enquête publique qu’il faut instaurer au plus vite, même si cette aventure investigatrice peut être risquée dans le contexte actuel. Il en va de la crédibilité de Montréal sur les scènes nationale et internationale. Tout le monde parle de relancer cette ville quelque peu déclassée par une concurrence dynamique et créative sur la scène mondiale. Dites-moi comment peut-on promouvoir une ville dont les assises sont minées par une corruption souterraine proche ou plutôt en collusion avec des élus? Non, impossible de relancer cette ville au potentiel magnifique s’il n’y a pas un haut degré d’honnêteté, de transparence et d’éthique! Ne rêvons pas en couleur!
Avec les révélations surprenantes de Benoit Labonté et les nombreux scandales mis à jour dans la gouvernance de la mairie de Montréal, il n’y a plus de temps à perdre. Les Montréalais en ont soupé de cette corruption qui mine la crédibilité de la métropole et qui lui affuble l’étiquette de la ville de « l’argent sale ». La récession a fait mal à bien des gens; il ne faudrait surtout pas que les dirigeants de cette ville s’en mettent plein les poches au détriment de ceux qui paient des taxes assez salées merci pour des services qui se laissent pourtant de plus en plus désirés. Assez, c’est assez! Il est temps que le grand ménage se fasse dans cette mairie où les enveloppes brunes semblent monnaie courante. Si le balai ne suffit pas, prenons l’aspirateur central!
Mais pour qui voter se demandent de plus en plus d’électeurs dans ce contexte assez troublant? Toute cette cascade de fraudes, de détournements à tous les niveaux de l’appareil municipal laissera perplexe tous les électeurs désireux d’exercer leur droit démocratique. En votant, allons-nous cautionner ces dilapidateurs de deniers publics? Je pense que beaucoup de Montréalais sont dégoûtés, voire en colère. Il est fort à parier que nous constaterons une croissance du taux d’absentéisme le 1er novembre prochain ou au contraire, un taux record pour faire le grand ménage. Les élections municipales dans la province souffrent depuis plusieurs années d’un taux de participation anémique. Avec les allégations douteuses des derniers jours, il n’y pas de quoi remonter le tout.
Les allégations mises au grand jour sont très graves. Il est clair qu’à celles-ci s’ajouteront d’autres révélations qui verront le jour sous le couvert de l’anonymat. Tout le monde se protège dans ces éclaboussures magistrales. Se faire prendre la main dans le sac des deniers publics doit avoir de graves conséquences pour les fraudeurs et les magouilleurs en cravate. Il faut sévir avec force! On ne peut impunément se gaver à même les fonds publics sans une sanction sévère. Depuis deux ans, on ne finit plus de démasquer ces arnaqueurs sans retenue de nos systèmes financiers et publics. La corruption est une gangrène qui mine la confiance du public en nos grandes institutions et notre système démocratique. On ne peut construire une société juste et équitable avec le mensonge et la corruption. N’oublions pas que c’est l’intégrité qui engendre la crédibilité. J’ose espérer que les électeurs s’en souviendront le jour du scrutin.