Le 11 novembre, journée de reconnaissance dans tout le pays, pour faire mémoire du sacrifice de milliers de Canadiens morts à la guerre. En fait, ce jour commémore l’armistice qui mit fin à la Première guerre mondiale par la signature d’un accord de paix le 11 novembre 1918 à Compiègne en France. Saviez-vous qu’il y a pas moins de 100 000 Canadiens qui sont tombés au champ d’honneur lors de conflits mondiaux et cela au nom de la liberté. Noble cause qui a fauché une jeunesse promise à un brillant avenir et décimé des familles entières. Malheureusement, tout cela n’a pas signifié la fin des conflits pour autant. De nombreux combats font rage sur la planète Terre, alors que la majorité des habitants aspirent pourtant à un climat de paix.
La guerre continue de faire des victimes, mes amis. Il y en a sur tous les fronts et notre pays semble y prendre goût ou plutôt notre gouvernement canadien. Les engagements offensifs de notre pays au nom de la liberté continuent et cela malgré les nombreuses pertes de vie récentes et l’opposition générale des gens de chez nous. Le rôle traditionnel du Canada en tant que pays pacifiste et médiateur en a pris pour son rhume. La guerre, c’est la guerre! Elle laisse immanquablement des traces indélébiles dans le coeur de ceux et celles qui y ont participé de près ou de loin. Il y a encore au pays près de 750 000 Canadiens qui avaient 16 ans et plus lors de la Première guerre mondiale. Sans nul doute que ces hommes et ces femmes auraient bien des histoires à raconter sur les guerres dont elles ont été les témoins privilégiés.
Dans ma famille, on connaît ça l’armée! Mes cinq frères ont porté l’uniforme et un d’entre eux sert toujours sous l’unifolié. D’ailleurs, il revient tout juste d’une mission spéciale en Bosnie, mission dont on parle à voix basse, secrète quoi. Et qui plus est, son épouse et son fils sont aussi des militaires de carrière. C’est dans le sang, dit-on! Vous pouvez imaginer le type de conversation dans le salon ou la cuisine. Certains diront que c’est une carrière ou un métier comme un autre. Pour ma part, non! En juin 2006, les forces canadiennes comptaient plus de 87 000 personnes dans son personnel militaire avec un budget mensuel de 1,34 milliards de dollars. Non, ce n’est pas une erreur, il faut bien lire mensuel! Nous pourrions discourir longtemps sur les motifs de noblesse que revêt cette carrière chez nous. Avec le changement de cap du Canada sous Stephen Harper, celui d’ingérence dans les conflits armés sur la scène internationale, les citoyens ont le droit de s’interroger sur la pertinence de ce rôle belligérant. L’âme québécoise, voire canadienne, n’est pas faite de cette mouture.
C’est quand même un Canadien, l’ex-Premier Ministre Lester B, Pearson, qui a instauré les Casques bleus des Nations Unies pour le maintien de la paix. Il a d’ailleurs reçu le Prix Nobel de la Paix en 1957 pour cette initiative. Les opérations de cette force de paix répondent judicieusement au maintien de l’harmonie entre les peuples. Tout n’est pas parfait, mais le bilan est somme toute positif. Fier de son image pacifique, quoiqu’elle soit ternie par les derniers engagements militaires, le Canada demeure malheureusement un grand producteur d’armement de toutes sortes. Saviez-vous qu’il y avait en 2003, 17 établissements qui ont livré des bombes, des grenades, des torpilles, des missiles, des cartouches et d’autres munitions de guerre pour une somme approximative de 2,65 milliards de dollars. N’oublions jamais que la guerre, c’est payant pour certains!
Nous le savons tous, le Canada s’est grandement structuré et fortifié sur les scènes nationale et internationale grâce à l’économie de guerre. Notre pays a été largement influencé par la guerre et ses conflits. Malgré les effets pervers des hostilités internationales, le Canada a toutefois joué un rôle important d’ouverture, d’entraide et de compassion par l’accueil d’immigrants menacés, à la recherche d’un refuge contre la guerre, un conflit ou une instabilité économique, sociale et politique. De 1901 à nos jours, le Canada a accueilli 13,4 millions d’immigrants. Il est clair que tout n’a pas été reluisant dans ce dossier qui a créé récemment plusieurs remous. L’alignement du Canada sur certaines politiques de nos voisins du Sud n’a pas simplifié les choses.
Notre monde bouge sans cesse et les crises que traverse la planète ne manquent pas. Depuis l’élection quasi majoritaire de Stephen Harper à la tête du pays n’augure rien de prometteur en politique étrangère. Toutefois, l’arrivée d’un certain Barack Obama aux États-Unis a changé la donne sur la scène mondiale pour le plus grand bien de tous. On constate depuis son élection une approche plus compréhensive et plus conciliante devant certains conflits armés qui détruisent tant de vies. Il est vrai qu’un homme seul, Président fût-il de la plus grande et plus puissante nation du monde, ne peut tout changer en criant ciseaux.
Novembre tire sa révérence tout doucement pour faire place à l’hiver. En étant, bien emmitoufler, on peut finir pas s’habituer à cette saison glaciale. Pour la guerre, c’est non! Non à jamais! La population n’est pas dupe, car elle sait bien que la guerre est une poursuite de l’activité politique par des moyens insidieux. En ces jours, où la majorité des Américains jubilent à la suite de l’élection inédite de leur nouveau Président, laissons parler l’un de ses prédécesseurs, John Fitzgerald Kennedy, mort au combat pour la justice et la paix: «L’humanité devra mettre un terme à la guerre ou la guerre mettra un terme à l’humanité.» En ce Jour du Souvenir, pensons-y du fond du coeur!