Tout récemment, dans un groupe de jeunes, une agente de pastorale a posé cette simple question dans le cadre de l’initiation sacramentelle. Étonnantes furent les réponses; constat d’une flagrante ignorance. Voici un petit coup de main mes amis. Du latin Adventus, le mot Avent signifie «avènement». Le temps liturgique de l’Avent est consacré à une préparation intensive de la venue du Seigneur à Noël. Ne vous trompez pas, ce n’est pas décrété par le gouvernement même si l’on a congé à Noël. L’Avent, dans la tradition latine, commence le quatrième dimanche avant la fête de Noël. Chez les Orientaux en général, le temps de l’Avent dure six semaines. La couleur liturgique de cette période est le violet, signe d’un temps de pénitence joyeuse. Certains épiscopaliens et luthériens utilisent le bleu, les byzantins utilisent par contre le rouge ou le blanc. Que de diversité dans ce christianisme!
Depuis le pape Grégoire 1er (590-604), nommé aussi Grégoire le Grand, l’Avent représente pour les catholiques la période où l’on se prépare à la venue du Christ, à sa naissance. En fait, ce temps que les chrétiens célèbrent, souligne le triple avènement du Seigneur: sa naissance à Bethléem dans le passé, sa venue dans les coeurs par la grâce, et son retour glorieux à la fin des temps. Toute la liturgie catholique souligne la triple référence au passé, au présent et à l’avenir. Si vous pénétrez par hasard ou par choix dans une église, vous verrez la couronne de l’Avent faite de branches de sapin, de pin, de houx ou parfois de gui, nouée de rubans rouges et ornée de quatre bougies. Sa forme ronde évoque le soleil et quatre bougies marquent les quatre semaines de l’Avent. Voilà le petit cours 101 de l’Avent de la célèbre série Pour les nuls.
Mais pourquoi aurait-on besoin de parler de l’Avent? N’ayez crainte, ce n’est pas une question d’identité nationale ou encore des relents d’accommodements raisonnables. En cette période de notre histoire où de nombreux Québécois ne savent plus si le petit Jésus sera présent dans la crèche cette année, ou encore, si notre sapin traditionnel ne changera pas de nom; il n’est peut-être pas si mauvais que l’on s’interroge sur la venue de ce petit enfant que l’on célèbre à Noël. Que l’on soit chrétien pratiquant ou pas, Noël ça se prépare. Au lieu de la course aux cadeaux et aux emplettes de toutes sortes, pourrions-nous prendre un temps pour regarder ce qu’il faut faire renaître en ce temps magique de l’année. En fait, Noël c’est la vie qui se donne, l’amour qui transforme, le coeur qui déborde. Qui d’entre nous n’a pas besoin de renouer avec les siens, de leur dire combien ils comptent pour nous, de libérer ce trop plein de tendresse si souvent emmuré par la gêne apprise du passé?
L’Avent ne pourrait-il pas être ce déclencheur, ce genre d’allumeur de réverbères, qui repousse les frontières de l’intolérance, de la mendicité, de la peur, de la violence, de la guerre, de la faim? Il me semble que l’Avent 2009 pourrait faire advenir à Noël les prémices d’un monde nouveau si le coeur y était, si l’amour prenait les devants. Ce temps magnifique de l’année nous offre une occasion unique d’affirmer nos racines et nos valeurs communes, de redire notre ouverture à l’accueil de l’autre. L’intégration harmonieuse des immigrants n’est-elle pas la construction d’un monde nouveau? Soyons au cours de cette période d’attente, des proactifs, des aventuriers de l’amour; un amour qui prend racine dans le coeur de ceux qui souffrent, luttent et cherchent. La joie de Noël ne prolonge-t-elle pas la vie, la vraie vie? En Avent toute mes amis!