À vrai dire, la conférence de Copenhague est la plus importante manifestation de l’histoire sur le climat et ses conséquences telles que la sécheresse, la désertification, la hausse du niveau des mers et l’extinction d’espèces. La conférence qui se déroule présentement en terre danoise a pour but de créer un protocole qui succédera à celui de Kyoto. Ce protocole prendra fin en 2012 et celui de Copenhague couvrira la période de 2013 à 2017. Le secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’est dit dimanche dernier « très optimiste pour Copenhague ». « Nous trouverons un accord - et je crois, l’accord sera signé par tous les pays membres de l’ONU, ce qui sera historique », déclare-t-il dans un entretien aux médias.
Pendant douze jours, pas moins de 12 000 participants tenteront d’apporter des réponses aux enjeux climatiques de la planète. Yvo de Boer, responsable du secrétariat des Nations Unies sur le changement climatique, souhaite de la part des pays les plus fortunés un accord unanime sur d’importantes réductions d’émissions de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre d’ici à 2020 et sur une aide immédiate, de 10 milliards de dollars annuellement pour aider les pays pauvres à ralentir leurs émissions. Le Canada, jadis un chef de file dans le domaine de l’environnement sur le plan mondial, se fait maintenant tirer l’oreille et se montre plutôt récalcitrant au projet ambitieux de Copenhague.
Pour sa part, Jim Prentice, ministre de l’Environnement n’entend pas faire de concession. Le gouvernement Harper fait bande à part en maintenant ses cibles visées. Nous le savons tous, le Canada, disons le gouvernement Harper, n’adhère pas au consensus scientifique sur le réchauffement climatique et refuse de se donner une cible audacieuse de réduction de gaz à effet de serre (GES). Il est clair que le Canada protège la polluante industrie pétrolière albertaine, principalement les exploitants des lucratifs sables bitumineux. Le Canada fait fausse route et pourrait le payer bien cher en représailles dans le futur. Plusieurs observateurs le clament haut et fort, la position canadienne est irresponsable.
Le Québec est représenté dans cette enceinte internationale, mais n’aura pas droit de parole. C’est le Canada qui tient le porte-voix et son ministre de l’Environnement Jim Prentice ne bronchera pas d’un iota; il s’en tiendra aux les directives de son chef en tournée internationale. Pourtant, le gouvernement du Québec a été un pionnier en matière d’environnement en créant le premier ministère en 1979. Il est bien évident que le drapeau du Québec et les valeurs profondes qu’il désire faire connaître au monde ne flotte pas très haut dans la capitale danoise. Serait-il utopique de croire qu’un Harper pourrait changer la donne?
Il assez évident, que les pays riches ébranlés par la crise économique mondiale protègent leurs arrières. Le gouvernement Harper carbure à l’or noir de l’Alberta, ces sables bitumineux qui affectent outrageusement l’environnement par l’envoi massif de gaz à effet de serre. Ces extractions de pétrole sont parmi les plus grands pollueurs de la planète. Quel scandale dans un pays si verdoyant! Nous apprenions ces jours-ci, par l’Organisation météorologique mondiale, que la décennie 2000-2009 est en passe de devenir la plus chaude jamais répertoriée, et 2009 se classe parmi les cinq années les plus chaudes recensées à ce jour.
Le Canada maintient à ce jour une maigre cible de 3% de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La Communauté européenne veut passer de 20% à 30% et possiblement plus. Décidément, le Canada fait piètre figure et les manifestants n’ont pas manqué de le ridiculiser en lui décernant un prix Fossile. Nobuo Tanaka, directeur général de l’Agence internationale de l’Énergie faisait cette mise en garder mardi dernier : « S’il n’y a pas de mesures prises immédiatement pour réduire les émissions de CO2, il faudra 500 milliards de dollars d’investissements additionnels pour rattraper le retard pris et revenir dans la trajectoire.. ».
Mais il n’y a pas que la température qui monte sur cette planète. À Copenhague, le ton monte aussi entre les pays riches et les pays pauvres. Les pays industrialisés et opulents sont de très grands pollueurs. Les pays en voie de développement non pas les moyens d’investir des sommes astronomiques dans ce chapitre alors que des populations entières font face à leur propre survie. À Copenhague, le Canada ne bougera pas sans l’initiative des États-Unis. Tous les délégués attendent donc avec impatience la présence et l’intervention de Barack Obama, détenteur du tout nouveau prix Nobel de la Paix, le 18 décembre prochain. Espérons qu’il aura un message percutant pour le futur de l’humanité. L’environnement, sa protection et son respect, doit être une cause qui embrase le monde, un chemin d’avenir et de paix pour l’humanité.