Globalement il semblerait que, malgré les soubresauts et les effets de la crise économique, les détaillants n’ont rien à craindre et que les consommateurs seront au rendez-vous. Selon les données recueillies par le Conseil québécois du commerce de détails (CQCD) sur les intentions d’achat des Québécois, le budget du temps des fêtes de ces derniers sera de 2,15 milliards de dollars. C’est à peu celui de 2008! Chaque Québécois prévoit dépenser 637$ cette année, comparativement à 644$ l’an dernier. De cette somme, 60% iront aux cadeaux qui font plaisir et le reste sera utilisé pour des achats de nourritures succulentes et de boissons abondantes.
Même si la baisse des dépenses sera un tantinet inférieure à l’an dernier, le Conseil québécois du commerce de détails note toutefois la tendance d’un petit recul des prévisions de dépenses depuis les quatre dernières années. En 2007, les Québécois prévoyaient dépenser 681$, c’était 711$ en 2006. Dans ce vaste sondage, on y apprend que les gens prévoient acheter cette année des cadeaux pour 6,5 personnes, une petite hausse par rapport à l’an dernier. Les certificats-cadeaux gagnent toujours en popularité et récolteront 41% des achats. Ce n’est pas rien. D’où l’importance des mesures gouvernementales pour réglementer l’utilisation de ces cartes et les dates limites d’utilisation imposées par les détaillants. Cette une affaire de gros sous et les utilisateurs de ces cartes étant souvent lésés par la péremption imposée. Ce sont les centres commerciaux qui seront les plus achalandés par 58% des consommateurs. Imaginez, selon le sondage, 25% des Québécois avaient déjà commencé à acheter leurs cadeaux de Noël en octobre dernier.
Les Québécois aiment la fête de Noël, je dirais toutes les fêtes! Nous aimons nous rencontrer, rire et chanter. Il y a dans nos gènes cette bonhomie légendaire, ce goût de la rencontre de l’autre, ce côté sympathique qui plaît tant aux nouveaux venus, aux touristes de par le monde. Nous n’avons qu’à penser aux centaines de festivals annuels qui attirent d’année en année des gens de partout. C’est sans aucun doute le goût d’exprimer ce que nous sommes, de chasser les démons qui nous tenaillent, de briser l’isolement et l’individualisme ambiants. Nous sommes tout de même des êtres de relation quelque peu colorés, il va sans dire, par nos origines latines.
En fait, les traditions de Noël et du Nouvel An sont profondément ancrées chez nous, n’en déplaisent aux promoteurs des accommodements raisonnables de tout acabit. Il y a des rendez-vous, des fêtes, des traditions qui forgent un peuple, qui célèbrent son identité et ses racines. La fête de Noël fait partie de nos manières d’être, de vivre et de se projeter dans l’avenir. Nous sommes des francophones d’Amérique façonnés par nos racines judéo-chrétiennes, marqués par les traditions du catholicisme, habités par les valeurs profondes et inspirantes du christianisme.
Les 475 ans d’histoire de nos racines communes que nous soulignons cette année ont laissé des traces dans les humbles vies de nos prédécesseurs et dans nos propres vies. La fête de Noël est un temps propice pour revisiter ce parcours historique qui nous a façonné à travers les succès et les échecs, les rêves et les contradictions. Il y aura toujours des blessures à cicatriser, des réconciliations à entreprendre, des gestes de solidarité à poser, des moments phares à célébrer. Dans notre histoire récente, comme le disait Denise Bombardier lors d’une entrevue qu’elle m’accordait : « Ce n’est pas vrai que l’on sort indemnes de deux référendums manqués où personne n’a réellement gagné ».
Comme des traces de pas dans la neige, des empreintes ont marqué nos vies à jamais. Elles s’imprègnent de valeurs et d’idéaux que nous ont légués des gens exceptionnels. Nos prédécesseurs, nos devanciers ont laissé des traces riches de sens dans les chemins sinueux de notre histoire commune. Il y a dans l’aventure d’un peuple des hommes et des femmes qui mettent généreusement leur vie au service des idéaux de la nation. Dans la destinée d’un peuple, il y a des gens qui se donnent, se mettent ensemble pour le bien commun, le devenir collectif. Il faut rendre hommage à ces gens, qui souvent dans l’ombre, donnent d’eux-mêmes sans compter et font avancer le meilleur du nous collectif.
Il ne reste qu’à espérer que le réchauffement climatique ne fera pas disparaître ces traces dans la neige qui nous rappellent symboliquement ces passages remarquables dans nos vies et dans notre histoire commune. Noël, la fête de la naissance d’un Enfant qui se fait proche, un temps de reconnaissance et de renaissance.