 

|
|
| Afrique : un rayon d’espoir, par Guy Loubier |
Le très fort pourcentage de
jeunes dans la population de l’Afrique est l’une de ses caractéristiques
dominantes. Les familles sont nombreuses et le taux de fertilité est élevé.
Pourtant, depuis quelques années, l’on observe des changements. Les gens vivent
plus longtemps, ont moins d’enfants, et la survie infantile s’améliore.
Souvent coiffée du vocable de « continent endormi »
l’Afrique connaît à l’heure actuelle, la plus forte croissance et la plus rapide
urbanisation. En 1850, elle comptait 110 millions d’habitants, et
de nos jours, elle atteint un milliard d’habitants. Pour se faire une idée de
cette transformation, soulignons qu’en 1950, on comptait deux Européens pour
chaque Africain, alors que si les tendances se maintiennent, il y aurait en
2050, deux Africains pour un Européen. | Autre changement radical : En 1950, le taux de fertilité globale s’établissait à six enfants, par rapport à deux en Asie de l’Est. En revanche, selon des projections des Nations Unies, le taux de fertilité globale en Afrique sub-saharienne pourrait chuter à trois enfants en 2030 et même à 2,5 enfants en 2050. Conformément à la règle, tout indique qu’à mesure que les pays deviennent plus riches, ils connaissent en même temps une transition démographique vers des familles moins nombreuses. Une étude récente indique qu’entre 2005 et 2015, la part de la population en âge de travailler augmentera dans 27 des 32 pays africains.
Par ailleurs. Il y de sombres nuages à l’horizon. Présentement, l’Afrique produit moins d’aliments par habitant que depuis son indépendance. Les terres d’une superficie d’une acre sont trop petites pour pouvoir assurer la subsistance d’une famille. Il semblerait que les leaders africains et les donateurs se seraient montrés indifférents au sort des petits propriétaires terriens de même qu’à l’amélioration des sols et des semences. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’Afrique serait le continent le plus durement touché par le réchauffement climatique. Le Programme sur l’environnement des Nations Unies, estime que de 50 à 250 millions d’Africains pourraient être privés d’eau. Il en résulte que les filles devraient marcher plus longtemps pour trouver de l’eau, ce qui aurait pour effet de les encourager à quitter l’école et à avoir des enfants plus tôt. On considère également que des terres cultivables d’une superficie totale correspondant aux superficies combinées de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l’Italie pourraient être ruinées. Autre motif d’inquiétude : depuis 1990, les forêts auraient diminué de 80% du fait que les gens abattent les arbres pour s’en servir comme combustible.
Fait effarant : un Africain sur deux est un enfant. A cause des ravages du VIH/SIDA, les chefs de famille sont souvent des enfants. Selon le Child Policy Forum, il y aurait 90 millions d’enfants handicapés en Afrique, ce qui signifie plus de misère et plus de violence.
Le paludisme et le VIH/SIDA représentent le tiers des 10 millions de morts en Afrique chaque année. La plupart de ces décès touchent des personnes de 20 à 40 ans, ce qui ne manque pas d’avoir des effets négatifs sur la population active. Un démographe norvégien a pu démontrer que la violence augmente de 4% pour chaque point d’augmentation de la population des jeunes. Désolante constatation : plus de bébés suscitent une plus grande compétition pour les ressources disponibles et également plus d’instabilité.
Toutefois, certains progrès commencent à se faire sentir, notamment l’avènement des téléphones mobiles, le recours à l’énergie solaire et éolienne, une plus grande utilisation des engrais, de même que la popularité du micro-crédit.
Au plan positif, notons que la population globale de l’Afrique est de 8% inférieure à ce quelle aurait été si le taux de fertilité s’était maintenu aux niveaux de 1970. L’utilisation de contraceptifs en Afrique subsaharienne n’est que de 12% par comparaison à plus de 40% en Asie et en Amérique du Sud. Une diminution sensible du taux de natalité permettrait d’accroître la survie infantile, d’assurer une plus grande fréquentation de l’école primaire, et les sommes économisées en soins de santé et médicaments pourraient servir à mieux préparer les jeunes au marché du travail.
|