C’est vrai, la vie n’est pas toujours un fleuve tranquille. Nous sommes sans cesse en quête de bonheur, d’harmonie et de paix. Les hindous définisse le bonheur par ces quelques phrases remplies de sagesse à souhait: « Ayez suffisamment de gratitude pour apprécier ce que vous avez; ayez suffisamment de santé pour aimer la vie pleinement; ayez suffisamment d’espoir pour s’attendre à des lendemains intéressants; apprenez à vivre et à être heureux un jour à la fois, vous maîtriserez ainsi l’art d’être toujours heureux. » Assez interpellant, merci, à la veille de l’an nouveau. En ce passage, ayons suffisamment de gratitude mes amis. De la gratitude, pourquoi pas?
Un article fort intéressant de Mathieu Perreault publié dans la Presse au lendemain de Noël attira mon attention. Il s’intitulait tout bonnement : « L’ a b c de la gratitude ». Disons que ce n’est pas un mot qui fait les manchettes par les temps qui courent; et de plus il ne semble pas omniprésent dans les visées éducatives de notre belle province. L’article fait mention des recherches et de la publication du livre de Margaret Visser sur ce sujet pour le moins inusité. Un livre sur la gratitude intitulé « The Gift of Thanks » ne peut que secouer cette morosité latente qui plane dans notre environnement social et dans nos milieux de travail. On y apprend de fort belles choses dans ce petit livre en vente un peu partout.
En cette période des fêtes où la parenté ne finit plus de débarquer chez-soi, apprendre à dire merci, à rendre grâce, n’est-ce pas le plus beau cadeau à offrir? Margaret Visser, nous révèle dans son livre que la gratitude est un sentiment aussi fort que son opposé l’envie. La gratitude c’est ce sentiment «de gré», «d’accord» qu’on éprouve pour un bienfait, un service rendu. Avoir de la gratitude, c’est exprimer sa reconnaissance, c’est témoigner de sa joie de recevoir. Vous conviendrez, « la gratitude ne vient pas naturellement, il faut apprendre aux enfants d’abord à dire des mots de remerciement; puis, plus tard, leur faire comprendre ce que ces mots signifient.» affirme Madame Visser. Il est plus facile d’apprendre à dire « bonjour » que « merci ».
La vie nous comble de beaucoup de choses sans que nous les cherchions. Il faut évidemment reconnaître ce que la vie nous apporte. Lorsque nous exprimons notre gratitude, nous participons pleinement au geste du don. La joie que nous éprouvons en ce temps de l’année inspire la reconnaissance, la gratitude. La belle expression que nous utilisons en ce temps de festivités, « échange de cadeaux », illustre bien la richesse du don reçu, partagé et reconnu. La gratitude est une réponse à la main tendue, au regard amoureux, au geste d’amitié, au sourire radieux, à la voix entraînante et réconfortante. Paul Ricoeur disait : « La gratitude est une réponse. La personne qui reçoit et qui se montre reconnaissante participe au geste du don. »
La gratitude ne se vit pas seulement dans l’euphorie du moment, ou encore dans une certaine forme d’extase. La vie des saints nous montre combien le chemin de la souffrance peut être aussi un chemin d’action de grâce, de gratitude. Au cours des récentes vacances estivales, j’ai rencontré à plusieurs reprises Georges, un ami rongé par un cancer. Alité depuis plusieurs semaines dans la section des soins palliatifs d’un hôpital montréalais, Georges amaigri et au visage émacié me disait tout bonnement avec son large sourire et ses yeux mouillés ces mots renversants: «Tu sais, j’ai été heureux de vivre. La vie, malgré ses difficultés, m’a comblé. Je laisse avec tristesse tant d’amis, mais je remercie Dieu pour ses bontés envers moi. Je n’ai pas toujours été digne de ses largesses envers moi. J’ai reçu beaucoup plus que j’ai donné. Je le remercie du fond du coeur. » Georges est mort tout doucement le 19 août dernier en toute sérénité. De la gratitude, pourquoi pas?
La vie a ses secrets, ses revers et ses largesses. Nous sommes tellement riches de ce que nous sommes. C’est au fond de soi, et nulle part ailleurs, que se trouve le plus beau des trésors. Il ne demande qu’à se révéler et plus nous le partageons avec ceux et celles qui nous entourent, plus il se développe. Le bonheur est à portée de main, il se construit au fil des jours par de simples gestes et de petits mots qui font du bien. Profitons de l’arrivée de 2010 pour rendre grâce, dire merci à la vie, à ceux et celles qui nous côtoient et qui nous font vivre d’heureux moments. N’oublions jamais que la gratitude peut toujours transformer notre pénible routine en jours de fête. Un peu de gratitude, pourquoi pas?