Nous le savons tous, des personnes situées sur des continents différents peuvent en quelques secondes communiquer, faire de la recherche et échanger des biens et services sans obstacles temporels. Le monde est au bout de nos doigts, la planète est à notre portée. Tout est direct, sans intermédiaire et d’une efficacité rare. Le journal La Presse publiait samedi dernier un excellent dossier sur la question et intitulé : « Pris dans la toile ». Nous naviguons tous sur la toile pour mille et une raisons. Pour plusieurs, le web est devenu une obsession plus qu’un outil de communication. Nombreux sont ceux qui y trouvent un refuge, un réseau social, une réponse à des questions existentielles, parfois même une fuite de la réalité. Les réseaux sociaux ne manquent pas sur la toile. Tous connaissent les réseaux Facebook et Twitter sans oublier l’univers virtuel en 3D Second Life. Vous pouvez faire tout dans l’univers de Second Life : acheter une maison, partir en voyage, participer à des conférences, etc. En fait, changer de vie, réaliser vos fantasmes et vos rêves, devenir vraiment l’être désiré. Le cyberespace est aussi devenu malheureusement un piège pour les plus vulnérables.
De nombreux psychologues parlent de plus en plus de cyberdépendance. Il n’y a pas que l’alcoolisme, le jeu, la cigarette, les drogues qui enivrent les gens. Ils sont nombreux à passer des dizaines d’heures sur l’ordinateur, à se lever la nuit en cachette de leurs parents, à écourter leur temps de travail pour passer plus de temps sur la toile. Le filet du cyberespace fait de plus en plus de malheureux, de dépendants. « Le problème majeur de la cyberdépendance est l’isolement » raconte Nancy Roy, conférencière sur les dangers du web. Selon les analystes du phénomène, il y aurait entre 6% à 15% de cyberdépendants chez les internautes. Tous les spécialistes ne s’entendent toutefois pas sur les critères de dépendance au web, mais chose certaine elle existe et elle est en croissance.
Les jeunes forment la population la plus exposée et la plus ciblée par les prédateurs de toutes sortes sur le Net. C'est en effet un media de référence : en 2003 plus de 87% des 12/17 ans se sont connectés à Internet et le phénomène s'amplifie avec le développement d'Internet mobile. La toile est un espace de tentation, un espace ludique, mais aussi un espace à risques dans lequel ils pénètrent d'un simple clic ! La capacité d'interagir et de communiquer avec les autres est un des grands attraits qu'Internet exerce sur les jeunes. Ils aiment discuter dans les messageries instantanées, jouer en ligne et remplir des formulaires pour participer à des concours et sondages. La vie privée des jeunes peut être envahie de différentes manières.
« En 2005, parmi les Canadiens âgés de 9 à 17 ans, près de quatre sur 10 (37%) avaient leur propre ordinateur » nous révèle le journal La Presse. Selon un sondage auprès de jeunes, 11% des répondants estiment qu’ils seraient incapables de cesser eux-mêmes de jouer en ligne, alors que 59% admettent que cela nuit à leurs travaux scolaires. Imaginez, 15% des garçons y consacrent plus de 20 heures semaine. C’est pas mal d’heures mes amis. On dit même qu’en Chine et en Corée du Sud, la cyberdépendance est considérée comme un problème de santé publique.
Avez-vous remarqué combien nous sommes devenus dépendants de ces bidules informatiques de tout genre et bien entendu du cellulaire? Il s’agit de porter légèrement attention aux utilisateurs du iPod, d’Internet, du BlackBerry et j’en passe pour réaliser combien nous sommes devenus accros et parfois coupés du monde. Nous sommes branchés sur le monde et souvent coupés de la proximité des gens qui nous entourent. Dans l’environnement cyberspatial, les conditions de la circulation de l’information sont totalement transformées. Internet prend l’aspect d’un lieu d’interactions, tremplin de presque la totalité de la vie sociale. Anne Roumanoff disait à propos d’Internet : « On ne sait pas ce qu’on y cherche mais on trouve ce qu’on ne cherche pas. » Attention, tout n’est pas net sur la toile!