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| Au fond du baril, par Jean-Guy Roy |
Février
ne sera pas passé inaperçu! Depuis quelques semaines, tout le monde tire à
boulet rouge sur le gouvernement québécois qui semble de plus en plus, selon
l’avis de nombreux observateurs, tourner en rond. Ce n’est sûrement
pas une sinécure pour Jean Charest par les temps qui
courent : le rapport catastrophique sur la dette publique,
les sorties répétées d’un Lucien Bouchard exalté, la crise accentuée et
récurrente des débordements des urgences, le rapport mitigé de la caisse de
dépôt et de placement, les contrats douteux du ministère des Travaux publics, le
délicat sujet de la hausse des frais de scolarité universitaires, le gâchis de
l’assurance emploi, les propos erronés de la ministre Boulé et j’en passe. Il ne
faudrait pas que les accommodements raisonnables s’en mêlent. Ouf! Sommes-nous
rendus au fond du baril ma foi? |
Fort heureusement, vous en conviendrez, que les Jeux Olympiques de Vancouver nous ont offert des moments grandioses, de saines émotions et de bonnes nouvelles au coeur de tout ce brasse-camarade des derniers jours qui révèle au fond des problèmes viscéraux glissés sous le tapis par les divers gouvernements successifs. Monsieur Bouchard aura beau claironné sur le sous financement des universités et le dégel des frais de scolarités, mais qu’a-t-il apporté comme solutions concrètes lorsqu’il était au pouvoir? Ce n’est pas une problématique nouvelle! Devant ce scénario en dents de scie, le premier ministre n’a pas que du pain sur la planche étalé devant son auguste personne. Il faudra bien plus que des discours pour calmer le tout et remettre le Québec sur les rails. Comme le mentionnait un citoyen interrogé au petit écran : « Il est temps que Monsieur Charest arrête de voyager; qu’il s’occupe de la province. Ça presse! »
À travers toutes les révélations qui ont fait la une des médias et nourri abondamment les conversations de corridor, celle de l’énormité de la dette nationale a de quoi faire frémir les plus confiants. Elle affiche, tenez-vous bien, le mirobolant chiffre de 98 milliards de dollars. La belle province est la cinquième nation la plus endettée dans le monde industrialisé selon le ministère des Finances du Québec. Nous sommes bien loin du podium et d’une médaille d’or! Le sérieux document que tenait entre ses mains le ministre Bachand présentait une étude comparative, selon la méthode de calcul de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). La dette publique des Québécois correspond à 94% de l’ensemble des biens et services produits durant une année. Ces calculs, il faut le dire, un peu complexes nous apprennent que cela ne va pas. Nous nous en doutions depuis longtemps mais pas avec l’ampleur des chiffres dévoilés. L’État Providence a ses limites et nous les avons amplement dépassées, sans retenue, avec des services à la collectivité qui en laissent plusieurs perplexes quant à leur pertinence, leur qualité et leur efficacité.
Imaginez, le Québec est devancé par une dette supérieure par deux pays en sérieuses difficultés économiques patentes, soit la Grèce (102%) et l’Islande (96,3%). Le Québec n’est pas en marasme mais il dépense, dépense sans tenir compte de ses revenus. Selon un récent sondage, 62% des Québécois affirment être insatisfaits de la gestion des dépenses publiques par le Gouvernement Charest. Le Canada dans son ensemble s’en tire beaucoup mieux en regard de sa dette publique (69,7%). Comment se fait-il que l’un des territoires les plus riches au monde, habité par une population dynamique, créative et bien formée croule sous les dettes? Le Québec doit bouger, changer de cap, faire le ménage dans ses cartons. Il faut sortir la calculette et faire ses devoirs!
Il est clair que ces données n’augurent rien d’éclatant pour les années qui viennent. En raison du vieillissement de la population, le Québec se dirige vers des jours où la vigueur économique s’éloignera de celle de sa croissance. Il ne faut pas se cacher la tête dans le sable et attendre que la tempête s’estompe! Les décisions courageuses doivent être prises avec sagesse et lucidité. Tient, un mot qui nous rappelle un certain manifeste intitulé Pour un Québec lucide. Le gouvernement semble faire du surplace et ne sait plus sur quel pied danser ou même danser tout court. Qu’on le veuille ou non, il y aura le dépôt d’un prochain budget à la fin mars, du moins, si le ministre et sa kyrielle de spécialistes, conseillers, fonctionnaires réussissent à trouver un chemin un peu plus lucide. Le régime minceur est à prévoir! Le Québec est dans un cul-de-sac financier, son avenir et ceux des générations futures sont en jeu. Entre-temps, continuons de surfer sur la vague de fierté de nos médaillés de Vancouver. Ça remonte le moral des troupes!
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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