Il existe deux taux directeurs à la Fed, comme dans la plupart des banques centrales des autres pays : un taux auquel les banques commerciales se prêtent entre elles au jour le jour, et un taux d’escompte qu’elles doivent payer, quand elles empruntent de la banque centrale. Depuis la grave crise financière des années 1930, les banques doivent équilibrer leurs comptes à la fin de chaque journée de travail : tant de rentrées d’argent, tant de sorties. Si elles affichent un déficit, elles empruntent auprès des autres banques, à un taux actuellement fixé par la Fed dans une fourchette de 0 % à 0,25 %. C’est le taux au jour le jour, le plus importants. Si une banque ne parvient pas à emprunter assez pour équilibrer ses comptes, elle se tourne alors vers la banque centrale, qui va maintenant lui prêter pour une journée à un taux de 0,75 %, contre 0,50 % avant la hausse décrétée la semaine dernière. À peu près aucune banque n’emprunte à ce taux d’escompte, plus élevé que le taux interbancaire.
La Fed a haussé son taux d’escompte, pour témoigner de la reprise économique, lente mais régulière, et pour inciter les banques à s’entendre entre elles pour équilibrer leurs comptes quotidiens. Pourquoi payer trois fois plus cher, en empruntant de la banque centrale?
Alors il n’y a donc pas de contradiction, entre le taux d’escompte de la banque centrale, et le fait que les taux d’intérêt commerciaux (ceux qu’on paie sur nos emprunts ou que les banques nous paient sur nos épargnes) vont demeurer bas encore longtemps. Bonne nouvelle pour les emprunteurs et mauvaise nouvelle pour les épargnants? Cela reste à voir.
Des taux d’intérêt très bas qui le demeurent très longtemps, tendent un piège aux investisseurs, celui de s’endetter imprudemment, outre mesure. C’est pour cela que le ministre fédéral des Finances du Canada a resserré un peu les règles d’emprunt hypothécaire, il y a deux semaines.
Quant aux pauvres épargnants, il va falloir qu’ils recherchent des rendements intéressants ailleurs que dans les revenus d’intérêt, très faibles et lourdement imposés. Et même quand les taux vont augmenter, ils vont le faire très peu, et vont rester encore bas pendant très longtemps. Alors les épargnants devraient consulter de bons conseillers financiers. Les fripouilles qui défraient les manchettes de l’actualité à l’occasion, demeurent encore des cas d’exception, heureusement.
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2010-02-28