L’Holocauste remonte à la deuxième guerre mondiale sous le régime fasciste et brutal d’Adolphe Hitler. En Allemagne, ce dernier et les nazis se sont emparés du pouvoir en 1933 et enclenchèrent le plus grand conflit de l’humanité à ce jour et qui se solda avec plus de 60 millions de morts. Au cours de cette période, par diverses mesures et législations, les Juifs furent systématiquement éliminés de la vie économique et culturelle de l’Allemagne. La promulgation de la loi de Nuremberg en 1935 marqua un tournant décisif pour l’avenir des Juifs en leur enlevant la citoyenneté et en confisquant leurs biens et leurs entreprises. En 1933, Herman Goering décida d’ouvrir des camps de concentration avec, bien entendu, l’approbation expresse du Führer Adolphe Hitler. Dachau fut le tout premier camp d’horreur et d’extermination ouvert par les nazis. Ce fut le début d’une des périodes les plus sombres de l’humanité.
Il s’avère difficile encore aujourd’hui d’avancer le chiffre exact du nombre de victimes juives dans ces camps. Selon les historiens et d’après les analyses des archives retrouvées après la guerre, on estime le nombre de victimes à 6 millions de Juifs. Plusieurs d’entre nous avons visionné de nombreux films qui relatent cette période trouble de l’histoire récente de l’humanité. Un de ces films remarquables n’est nul doute La Liste de Schindler, un drame historique réalisé par Steven Spielberg, sorti en salle en novembre 1993. Ce film raconte une histoire vraie, celle d’Oskar Schindler, un industriel allemand qui réussit à sauver quelques 1200 Juifs du camp de concentration de Plaszów. Conscient de l’horreur et de la folie du nazisme, Schindler entreprendra avec l’aide de son comptable Itzhak Stern la mission de sauver le plus de vies possibles. Que d’histoires horribles n’ont pu être racontées, que de gestes héroïques n’ont pu être révélés au monde!
Après toutes ces années, on peut se demander si cette tragédie troublante a servi de leçon aux belligérants de ce monde? La fin de la Deuxième Guerre a donné à l’humanité la Déclaration universelle des droits de l’homme qui fut adoptée par tous les pays membres des Nations Unies. Avec ce texte fondateur, un pas de géant venait d’être franchi pour un vivre ensemble dans le respect et la dignité de l’être humain. Mais tout cela n’a pas empêché la barbarie de certains dictateurs d’éclater violemment au cours des récentes décennies. Que l’on pense aux Duvalier en Haïti, à Ceausescu en Roumanie, à Sadam Hussem en Irak, à Fidel Casto à Cuba, à Augusto Pinochet au Chili, à Mouammar Kadhafi en Libye, à Mobutu Sese Seko en République démocratique du Congo et à bien d’autres. Non, la Déclaration universelle des droits l’homme n’a pas empêché le terrible génocide au Rwanda et l’extermination progressive au Tibet.
Chaque nation a vécu au cours de son histoire des drames et des horreurs. Nos voisins du Sud ont un passé peu reluisant avec l’esclavage et la ségrégation raciale dont certains relents refont surface encore aujourd’hui.. Le Canada aussi a vécu ses moments sombres en 1755 lors de la déportation des Acadiens, souvent oubliée et mal connue dans le nombre des tragédies mondiales. Combien de familles ont été décimées et déportées le long de la côte atlantique ou outre-mer? Près de 8 000 francophones d’Amérique ont vu leur vie basculer sous la menace et la violence de l’armée britannique.
La déclaration universelle a instauré des balises, fixé des règles de base pour protéger les droits fondamentaux de tout être humain. Toute transgression de celles-ci peut amener la communauté internationale à infliger des sanctions, à introduire des poursuites en justice. Le rôle des Nations Unies s’avère de plus en plus crucial dans ce monde si vaste et si proche à la fois. La commémoration du 65e anniversaire de la libération des camps nazis nous rappelle douloureusement combien la paix est si fragile, mais tellement essentielle pour la survie de l’humanité et son épanouissement. Je ne peux oublier ici la visite du Pape Paul VI en octobre 1965 à New York. Par son vibrant appel à la paix, le discours du petit homme vêtu de blanc prononcé à l’ONU frappa l’imaginaire: « L’Humanité devra mettre fin à la guerre ou c’est la guerre qui mettra fin à l’Humanité (...) jamais plus la guerre, jamais plus la guerre! » Non, il ne faut pas oublier les leçons du passé!