La Seconde guerre mondiale a commencé à l’aube, le 1er septembre 1939 par l’invasion de l’armée allemande en Pologne. Respectant leurs engagements envers la Pologne, la Grande-Bretagne et la France déclarèrent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre. Pour sa part, le Canada accorda son appui et le 10 septembre 1939, le roi George VI annonçait que le Canada déclarait à son tour la guerre aux envahisseurs. L’aventure canadienne dans cette guerre eut un coût financier astronomique et des pertes de vie en nombre considérable. Pendant la guerre, un peu plus d’un million de Canadiens et de Canadiennes servirent à plein temps dans les forces armées. Près de 45 000 Canadiens ne reverront malheureusement plus leur patrie. Triste bilan canadien qui engouffra aussi plus de 22 milliards de dollars du Trésor public dans ce terrible conflit. L’effort du Canada, modeste puissance à l’époque, fut sans contredit exceptionnel.
Au lendemain de cette effroyable guerre, l’un des défis les plus colossaux de l’histoire moderne apparaîtra évident, la reconstruction de l’Europe dévastée. Tout un chantier en perspective qui mobilisa la communauté internationale et l’entité naissante, l’Organisation des Nations Unies. L’Europe dévastée a pris plus de trente ans à se reconstruire et à reprendre son rôle de leader économique sur le plan mondial. Le traumatisme de la Seconde guerre mondiale fut considérable. Très tôt après la guerre apparut la rivalité de deux grandes puissances, les États-Unis et l’Union Soviétique. C’est sous une Europe dévastée que tomba le rideau de fer. Malgré tout, l’Europe s’est engagée dans la construction d’une organisation politique originale pour garantir la paix et restaurer son influence dans le monde. La naissance de la Communauté européenne redonne un souffle nouveau; un ensemble politique moderne comptant aujourd’hui 27 pays, dont les piliers fondateurs sont la libre circulation des marchandises, des services, du capital et des personnes, voit le jour en 1992. En fait l’Union européenne représente plus de 500 millions d’habitants et représente 30,42% du produit brut mondial, ce qui en fait la première puissance économique de la planète. Seize pays membres ont renforcé leur coopération au sein d’une union économique et monétaire, la zone euro, dotée d’une monnaie unique, l’euro. Monnaie forte, qui est passablement malmenée ces temps-ci par les déboires de la Grèce.
Ils sont nombreux les films hollywoodiens qui nous rappellent ce triste épisode planétaire. Samedi dernier, je revoyais les images de l’excellent film « Il faut sauver le soldat Ryan » qui se déroulait le 6 juin 1944, jour historique du débarquement de Normandie. C’était le début de la libération de l’Europe de l’Ouest. Dans ce film tragique, mais aussi émouvant, le capitaine Miller, joué admirablement par Tom Hanks, se voit confier la mission de ramener le 4e enfant de la famille Ryan dont les trois autres frères sont morts au combat. La mission de Miller et de son unité est clair : ramener vivant le première classe James Francis Ryan à sa famille.
Une histoire vraie mise en scène sur une tragédie réaliste et tristement choquante. L’évocation de ce film me fait penser au bilan déplorable du nombre des nôtres qui ont péri dans l’interminable conflit afghan. Le 4 mai dernier, l’officier marinier Douglas Craig Blaque de 37 ans a été tué à la suite de l’explosion d’un engin explosif improvisé à 25 kilomètres au sud-ouest de Kandahar. Depuis le début de la mission militaire canadienne dans ce pays devenu un bourbier indescriptible, 143 soldats canadiens sont tombés au combat. La mission canadienne devrait toutefois prendre fort heureusement fin en 2011. De passage aux Pays-Bas jeudi dernier, Stephen Harper a martelé de nouveau que la mission militaire canadienne en Afghanistan serait terminée l’an prochain et qu’elle deviendrait par la suite une mission civile. Le premier ministre en tournée européenne déclarait : « Nous sommes en train de faire une transition vers une mission civile, une mission humanitaire du développement du gouvernement après la fin de la mission militaire. » Enfin!
Les conflits armés demeurent nombreux à travers le monde malgré tout; des milliers de personnes en meurent chaque année. Ces conflits sont toutefois moins nombreux que par le passé et les pressions de la communauté internationale ont tout de même certains effets dissuasifs sur des pays aux visées belligérantes. Avec la mondialisation envahissante, la sécurité mondiale est devenue sans contredit un enjeu de taille majeur. Dans quel monde vivons-nous et dans quel monde voulons-nous vivre? Ce nouveau siècle qui s’est grandement ouvert, est marqué, à la fois par la continuité, et à la fois par des transformations profondes. Continuité d’un système en proie à ses contradictions économiques irrémédiables et qui est amené à être remplacé, transformation d’une société, qui comme tout organisme vivant, bouge, évolue, s’adapte pour survivre.
La crise économique mondiale dont nous sentons encore les soubresauts questionne profondément le capitalisme sauvage en vigueur et source indéniable de conflits. De nombreuses voix se font entendre pour un nouvel ordre économique mondial. L’émergence de nouveaux géants économiques, comme la Chine et l’Inde, bouscule profondément l’échiquier mondial. La planète a certes survécu aux deux grandes guerres mondiales du 20e siècle mais la paix demeure encore fragile dans de nombreuses régions du monde, minée par le terrorisme ambiant. Soixante-cinq ans plus tard, nous sommes toujours responsables de notre destin, de la paix autour de soi et dans le monde. Koffi Anan disait même : « La paix, la tolérance, le respect mutuel, les droits de l’homme, l’état de droit et l’économie mondiale ont tous également souffert des actes terroristes. » Soixante-cinq ans plus tard, ne baissons surtout pas les bras pour un monde de justice et de paix.