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| Jean-Guy Roy - Au-delà du 0,05%... |
« Prendre un bon verre, il n’y a rien là! » disent la plupart des gens. Pour certains, sans doute, mais ce n’est pas le cas pour des milliers de gens au pays. L’alcool est omniprésent dans nos vies, il fait partie de nos rencontres et de nos fêtes; il est accessible partout et sous tous les formats. C’est connu, les Québécois sont de grands consommateurs d’alcool, en particulier, de bière où il se classe aisément dans le peloton de tête à travers le monde. Le Québec s’apprête même à établir une nouvelle limite pour l’alcool au volant. Un peu partout, une certaine vigilance s’installe, l’étau se resserre! |
La consommation d’alcool, nous le savons tous, constitue une problématique de santé publique de première importance. De nombreuses campagnes de sensibilisation ont porté des fruits assez significatifs, mais pas suffisants selon de nombreux experts du réseau de la santé publique. Le projet de loi sur la table à l’Assemblée nationale vise à ramener à 0,05% le taux maximum d’alcool permis dans le sang pour prendre le volant. La nouvelle mesure permettrait aux policiers de la province de suspendre sur-le-champ, pour une période 24 h, le permis de conduire de toute personne qui prend le volant avec un taux d’alcool compris entre 0,05 et 0,08%. À quelques jours du début des grands festivals montréalais, le journal La Presse de samedi dernier présentait un large dossier sur le sujet. Thématique pertinente à l’heure où le Québec tombera en une période festive quasi continue au cours des mois estivaux.
Il en coulera de la bière au cours des prochains mois, c’est certain. La bière est la boisson alcoolisée la plus consommée au Québec et plus généralement au Canada. Ce n’est pas récent mes amis. Bien avant l’arrivée de Christophe Colomb sur la terre d’Amérique, les Amérindiens fabriquaient la bière avec du maïs. Au Québec, l’industrie brassicole fut introduite par Jean Talon, alors intendant de la Nouvelle-France. Que l’on se rappelle, jusqu’aux années 80, seules les bières très commercialisées des brasseries Molson et Labatt étaient disponibles sur le marché québécois. Depuis ce temps, le marché s’est enrichi de divers produits de haute qualité. Les Québécois consomment annuellement près de 85 litres de bière par habitant, soit environ 233 bouteilles de 33cl par an. C’est beaucoup! Si on la compare à la consommation de pays européens, seules l’Allemagne (143 litres) et la Grande Bretagne (110 litres) dépassent celle du Québec
Dans le domaine brassicole, le Québec se distingue des autres marchés, car nous y retrouvons beaucoup de bières brassées localement par les micro-brasseries. Nous le savons tous pertinemment que la modération a bien meilleur goût. La sobriété n’est pas une mince affaire pour les accros, les dépendants. Plusieurs organisations ont mis en place de nombreuses approches et thérapies dont l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous. Dans le journal La Presse de samedi dernier, le journaliste Mathieu Perreault, souligne avec pertinence une de ces organisations, le mouvement des Alcooliques anonymes qui célèbre cette année son 75e anniversaire, un organisme communément appelé et reconnu par son acronyme : les AA. En juillet prochain, c’est plus de 40 000 membres qui souligneront les 75 ans à San Antonio, au Texas de ce mouvement cofondé par Bill Wilson et le Dr Bob Smith. Ce mouvement fort connu des personnes aux prises avec des problématiques de consommation offre une démarche en douze étapes. Le succès de ce mouvement ne semble pas faire de doute auprès de ses adeptes qui se chiffrent à plus de 2 millions de personnes dans le monde dont 94 000 au Canada. Selon certains experts américains, la popularité et le succès de ce réseau d’entraide recèle dans la dynamique anonymat-gratuité-uniformité. Peu importe le rang social, la race, la religion, tous les adhérents font partie d’une grande famille de solidarité pour endiguer les racines de leur dépendance. Le mouvement des Alcooliques anonymes ne règle pas tout, mais offre tout de même un espace de soutien unique vers la sobriété. Toutefois, malgré la popularité de celui-ci, plusieurs scientifiques mettent en cause l’approche.
Quoi qu’il en soit, le mouvement a fait ses preuves et s’avère ’un moyen parmi tant d’autres pour aider des gens à s’en sortir. Le mouvement a inspiré près de 260 organismes par l’utilisation du nom « anonyme » ou du programme en douze étapes. La dépendance à l’alcool est une maladie, une forme d’allergie physique doublée d’une obsession mentale. Cette notion de la maladie est toutefois loin de faire l’unanimité dans le monde médical. Le concept de maladie, une fois compris et accepté, permet de commencer à réaliser qu’une personne qui abuse ou fait mauvais usage d’une drogue ne le fait pas nécessairement délibérément, mais peut-être parce qu’elle est malade. Chose certaine, il y a des personnes qui souffrent et qui ont besoin d’aide. Au-delà du 0.05%, il y a des mesures à mettre en place, mais la question de fond lorsque l’on aborde la lutte à l’abus d’alcool demeure toujours la même : « Par où commencer? »
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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