En parlant de gaz, connaissez-vous le gaz de schiste? En l’espace d’à peine trois mois, ce gaz totalement inconnu de la majorité des Québécois est devenu un des sujets, c’est le cas de le dire, brûlants de l’heure et qui ne cesse de soulever la grogne dans la population. Qu’est-ce que le gaz de schiste? Une invention? Une découverte inattendue? Certains ont même pensé que le schiste était un pays tellement la notion était inconnue. Comment se fait-il qu’une ressource énergétique québécoise quasi inconnue soulève tant de grogne?
Tout d’abord il est bon de signaler que le gaz de schiste est bien enfoui dans notre sous-sol, il ne vient pas d’un pays maghrébin. C’est un gaz naturel de type non conventionnel emprisonné dans du schiste, une roche sédimentaire déposée à l’origine sous forme d’argile et de limon. Le schiste ressemble à de l’ardoise et il s’avère la roche sédimentaire la plus répandue sur la planète. Nous apprenons, à travers les réactions vives de la population, les interventions improvisées du gouvernement et des entreprises exploratrices que le développement de cette industrie énergétique a débuté ses travaux, tout à fait incognito, il y a quelques années.
Nous apprenons aussi que la rive sud du St-Laurent, entre Montréal et Lévis, regorge de ce gaz qui fait couler beaucoup d’encre et monter aux barricades tant de personnes. Comment se fait-il que le gouvernent ait confié à l’entreprise privée cette ressource énergétique de chez nous sans en souffler mot puisque des permis ont été émis depuis 2007 à des entreprises privées? Dans tout le brouhaha médiatique entourant cette affaire, les entreprises promettent soudainement des milliers d’emplois et des retombées économiques de quelques milliards. « Les fameux gisements de gaz deviennent des mines d’or pour le Québec » clament les futurs exploitants de cette richesse naturelle tant convoitée et bien à nous. Mais son exploitation n’est pas si évidente puisque les gisements sont dans régions habitées et rien de probant ne rassure la population sur les impacts sur la santé et l’environnement. Le ton a monté de quelques crans depuis deux semaines et le torchon brûle. Les ministres Normandau et Arcand ont beau se faire rassurants, rien ne semble calmer la population devant le célébrissime André Caillé, un des hommes fort de la crise du verglas.
Vous vous en doutez, ce n’est pas seul point chaud, pour ne pas dire la seule « patate chaude » entre les mains de l’équipe ministérielle. On ne peut passer sous silence la fameuse Commission Bastarache qui semble tourner en rond et faire du surplace aux frais des contribuables qui ont déjà tiré leurs conclusions depuis belle lurette. Mais il faut bien aller jusqu’au fond du baril pour connaître enfin publiquement ce que nous imaginons tous aisément. N’en déplaise au magazine Macleans, les Québécois en ont assez de la corruption et ils la dénoncent haut et fort. Bien des Québécois souhaitent ardemment que la lumière se fasse dans le secteur de la construction et dans des projets qui ne finissent de moisir dans les cartons gouvernementaux : l’avenir du CHUM, l’échangeur Turcot, la réfection de la rue Notre-Dame et j’en passe.
Il y a sans doute des bureaucrates qui dorment au gaz ou qui se font endormir par un flot de discours. Chose certaine, les électeurs ont la mémoire longue. En passant, si vous chauffez au gaz à la maison, il serait peut-être bon de vérifier le tout avant les grands froids. On ne sait jamais. Gaz de schiste ou pas, nous le savons tous ce qui en est des affaires. C’est bien simple, ça se fait avec les biens et l’argent des autres. Dossier à suivre!