Toujours est-il que l’actualité économique et financière nous a rapporté, la semaine dernière, toute une série de mises en garde sur l’endettement des familles canadiennes, aussi bien par le ministre des Finances du Canada Jim Flarherty que par le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney, et même de la part de quelques institutions financières. Les Canadiens supporteraient un taux d’endettement très élevé, excessif, qui en mènera plusieurs à la faillite, dès que les taux d’intérêt vont augmenter, ce qui ne saurait tarder encore bien longtemps.
Imaginez : le taux d’endettement moyen des Canadiens dépasse maintenant les 148 % du revenu personnel disponible, soit 1 % de plus qu’aux États-Unis. Avant l’effondrement effroyable de l’automne 2008, le taux d’endettement des voisins américains atteignait les 160 % du revenu personnel disponible. E voyez ce qui leur est arrivé, rappellent les prophètes de malheur et leurs porte-voix des médias.
Curieusement, personne ne prend la peine de rappeler qu’un taux d’endettement normal, très supportable, se situe normalement entre 130 et 140 % du revenu disponible. À 148 %, on peut dire que l’eau monte un peu, mais on ne peut certainement pas parler d’inondation comme celles de la Côte Nord ou de la Gaspésie la semaine dernière.
Par ailleurs, cette dette « alarmante » des Canadiens se compose à 68 % de prêts hypothécaires, à 20 % de marges de crédit (meubles, automobiles…), et à 5 % de dettes sur cartes de crédit. Or les marges de crédit et les prêts hypothécaires commandent des taux d’intérêt présentement très bas, et qui vont le demeurer encore longtemps, aux dires même des gouvernements et des banques centrales, qui déterminent eux-mêmes les taux directeurs d’intérêt. Et ces marges de crédit et ces prêts hypothécaires ne sont pas tout remboursables dans les douze mois qui viennent, alors que le revenu disponible, lui, revient évidemment chaque année.
Donc plus des deux tiers des dettes (68 %) seront payées sur la maison, au cours des15, 20 ou 30 prochaines années. Les statistiques disent encore que la valeur nette d’une famille sur sa maison se situe en moyenne à 50 %. Autrement dit, les familles qui possèdent une maison de 300 000 $, pourraient revendre leur maison demain, payer le solde hypothécaire de 150 000 $, et garder pour elles la valeur nette de 150 000 $, libre d’impôt s’il s’agit de leur résidence principale, faut-il le rappeler.
Alors avant d’appeler les pompiers, il faudrait peut-être s’assurer que le feu est vraiment pris quelque part. C’est certain que les taux d’intérêt vont augmenter un jour, mais très peu et très lentement. C’est évident aussi que quelques familles ont sans doute tiré un peu fort sur le crédit facile et peu dispendieux, et qu’elles pourraient peut-être payer cher un jour pour leur imprudence. Et ce sont encore ces cas d’exception qui feront les manchettes des médias…!
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