Nous soulignons en ce 8 janvier le 70e anniversaire de la mort du célèbre Robert Baden-Powell. Qui ne connaît pas le fondateur du mouvement jeunesse le plus populaire de la planète comptant encore aujourd’hui quelque 30 millions de membres répartis dans 160 pays et territoires. C’est fantastique! Le mouvement scout a marqué avec pertinence et brio la jeunesse de chez nous pendant des décennies. Saviez-vous qu’on compte plus de 250 000 membres du mouvement scout au Canada, ce qui en fait le dixième en importance dans le monde? La branche canadienne-française du mouvement est née en 1910, il y a donc 100 ans. Tout un exploit!
Lord Robert Baden-Powell est né le 22 février 1857 dans le quartier de Paddignton à Londres. Il était le huitième des 10 enfants du Révérend Baden Powell, professeur de mathématiques à l’université d’Oxford, et d’Henriette Grace Powell. Il perdit son père alors qu’il n’avait que trois ans. Robert Baden-Powell était peu enclin aux études savantes et plus attiré par l’école buissonnière. Très tôt, il développa son sens de l’observation par ses excursions et ses aventures à la campagne. Il ne réussit malheureusement pas à se qualifier pour l’université et opta pour une carrière militaire. Il fera une brillante carrière militaire qui l’amènera à voyager, à explorer différentes contrées et à préparer les bases de son mouvement d’éducation. Il devint célèbre dans tout l’empire britannique par le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899 au cours de la seconde Guerre des Boers. Acclamé comme un héros, il sera nommé major général. Il publiera ses expériences et ses observations dans un livre intitulé Aids of scouting destiné aux militaires. En 1907, il est promu lieutenant général. En 1910, il prend sa retraite de l’armée et se donne corps et âme au scoutisme.
Devant le succès et l’intérêt de sa publication auprès des jeunes britanniques, puis devant la situation d’une jeunesse désœuvrée, Robert Baden-Powell décide de mettre en pratique ce que la guerre lui avait appris au service des jeunes garçons dans une optique de paix. C’est à l’âge de 50 ans qu’il regroupe dans un camp de quinze jours une vingtaine de garçons de différentes classes sociales sur l’île de Brownsea. Il expérimenta alors ses intuitions d’éducation par le jeu, tout en développant l’indépendance et la confiance. Il publie par la suite un livre intitulé Scouting for boys (Éclaireurs). C’est le lancement d’un nouveau mouvement destiné aux jeunes qui mettra de l’avant les cinq buts suivants : santé, sens du concret, personnalité, service et sens de Dieu. Baden-Powell a toujours voulu susciter chez les jeunes une hygiène de vie, un équilibre en ayant qu’un seul mot d’ordre : « faire de son mieux ».
Baden-Powell meurt à l’âge de 83 ans au Kenya où il s’était retiré. Dans son dernier message destiné à ces amis du mouvement, il dit ceci : « La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous. Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu’il ne l’était quand vous y êtes venus. » En fait, le mouvement initié par Robert Baden-Powell a pour but de contribuer, encore aujourd’hui, au développement harmonieux des jeunes en les aidant à réaliser pleinement leurs possibilités physiques, intellectuelles, affectives, sociales et spirituelles. Quelle belle mission!
Dans ce monde marqué par l’individualisme effréné et l’hédonisme à outrance, il me semble qu’il est rafraîchissant de voir encore des milliers de jeunes Québécois désireux de vivre les principes du scoutisme. Devant ce décrochage endémique qui mine notre jeunesse, n’y aurait-il pas lieu de s’inspirer de quelques principes et valeurs du scoutisme pour redonner certains indicateurs d’harmonie et d’équilibre tant nécessaires dans notre société en manque de point de repères. Baden-Powell proposait une éducation par l’action, une expérience de solidarité en équipe, des programmes progressifs et attrayants d’activités variées fondées sur les centres d’intérêt des jeunes. L’approche du scoutisme a fait ses preuves au fil des décennies. Baden-Powell a su inspirer le monde, celui des jeunes par de nobles valeurs mais surtout en leur apprenant qu’ils sont aussi les artisans de leur présent et de leur devenir. Et qui plus est, que grâce à leur engagement, le monde deviendra meilleur.
Rendons hommage aujourd’hui à tous ces hommes et toutes ces femmes qui se dévouent dans ce mouvement inspirant et générateur de leaders. Notre monde et notre Québec a besoin, sans aucun doute, de quelques personnes de la trempe de Baden-Powell pour redonner espoir à ceux qui doutent, cherchent et désespèrent. « Faire de son mieux » disait le célèbre fondateur de ce mouvement planétaire. Inspirant n’est-ce pas en ce début 2011? Il n’est jamais trop tard pour prendre de bonnes résolutions en cette nouvelle année. On ne sait jamais ce qu’un mot, une parole peut changer en nous et autour de nous. Toujours prêt ?