Surprenants en effet, puisque ces cinq banques ont toutes dépassé les prévisions des analystes financiers, et dépassé de beaucoup dans la plupart des cas. Inutile de rappeler que ces résultats permettent à ces grandes institutions de consolider leur base financière, et de retrouver la solidité qu’elles affichaient avant la crise boursière de l’automne 2008 et l’hiver 2009.
Deux de ces grandes banques ont d’ailleurs déjà annoncé qu’elles relevaient leur dividende, au grand plaisir de leurs actionnaires : la Nationale, la semaine précédente, et la TD cette semaine. La petite Banque Laurentienne, cantonnée au Québec, avait aussi augmenté son dividende en début d’année, mais elle ne fait pas partie du club des six grandes sœurs, qui regroupe aussi la Royale, la CIBC, la Scotia et BMO, aux côtés de la TD et de la Royale.
Aucune de ces banques n’a réduit son dividende, même au plus profond de la crise financière. Au début de l’année, BMO se montrait la plus généreuse à ce chapitre, en retournant à ses actionnaires quelque 60 % de ses bénéfices après impôts, sous forme de dividendes. La Nationale restait la moins généreuse, avec une répartition de 40 % seulement.
Toutes ces banques ne vont peut-être pas augmenter leur dividende, et certainement pas forcément dans les mêmes proportions. Par exemple, la BMO vient de faire une importante acquisition de plus de 4 milliards $ (GS) aux États-Unis, et elle comme elle se montrait déjà la plus généreuse à ce chapitre, elle va peut-être laisser les autres la rattraper un peu.
Cependant, toutes les banques font face à la même conjoncture économique, et notamment à des taux d’intérêt très bas, qui risquent de le demeurer encore longtemps. La Banque du Canada a confirmé cette semaine qu’elle gardait son taux directeur à 1 %, pour un bout de temps encore. Avec un dollar canadien qui flirte avec 1,03 $US, la banque centrale canadienne le pousserait rapidement vers 1,05 $ et même plus haut, en augmentant son taux directeur, au grand dam des exportateurs.
La Réserve fédérale américaine va aussi attendre encore longtemps, avant d’augmenter son taux directeur de 0,25 %, alors que la création d’emplois demeure encore anémique. Ajoutons aussi la flambée des prix du pétrole, qui joue également un rôle de frein sur l’inflation et l’accélération de la croissance économique, et on ne verra donc pas les taux d’intérêt monter avant plusieurs mois, et peut-être même un an ou deux.
Mais les taux d’intérêt vont monter, un jour ou l’autre, et les banques surveillent d’un œil attentif ce retournement des taux. Car contrairement à une croyance populaire, ce n’est pas quand les taux montent, que les banques font plus de bénéfice, mais quand les taux baissent, après que les banques ont accordé du crédit à des taux plus élevés. Autrement dit, quand les taux vont augmenter, les banques vont sentir une pression sur leurs marges bénéficiaires.
Mais ce n’est pas une raison pour les ignorer, dans vos portefeuilles. Ces institutions sont solides, et généreuses pour leurs actionnaires.
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