Tout comme Yubari, le Japon connaît un bouleversement démographique. C’est le pays de la planète qui vieillit le plus rapidement et c’est également le pays dont la population a commencé à diminuer rapidement par suite de causes purement naturelles. Cette évolution est attribuable à la fois à une baisse de la natalité et à un accroissement prononcé de la longévité.
Son taux de longévité est l’un des plus élevés au monde (83 ans) alors que le taux de natalité est l’un des plus faibles. En 2050, 4 Japonais sur 10 auront plus de 65 ans.
Le Japon compte de nombreuses villes connaissant le même sort que Yubari. Entre 2000 et 2005, le nombre de personnes habitant des petites villes et des villages au Japon a chuté de 10 millions. À l’heure actuelle, la population du Japon est de 127 millions d’habitants, mais d’ici 40 ans, elle pourrait chuter de 38 millions.
Problème plus inquiétant encore, la population des 15 à 64 ans est en déclin depuis 1996. Pourtant, dans les 50 années qui sont suivi la Deuxième Guerre mondiale, le nombre de personnes dans la population active s’est accru de 37 millions d’habitants, et le Japon, émergeant de ses ruines, est devenu la deuxième plus grande économie mondiale.
Le Japon est présentement en voie de connaître le processus contraire. D’ici 40 ans, le nombre de personnes dans la population active sera moins élevé qu’en 1950. C’est donc dire que le nombre grandissant de personnes âgées ne pourra compter que sur une population active nettement moins nombreuse.
L’un des effets secondaires de cette situation se fera particulièrement sentir sur les jeunes. Dans ce pays, même si le taux de chômage est l’un des plus faibles de tous les pays industrialisés, un grand nombre d’emplois seront peu attrayants.
On constate un phénomène semblable en Europe de l’Ouest, et nul doute que le Canada et le Québec ne pourront eux non plus y échapper.
Guy Loubier (2011) yloubier@videotron.ca