À compter du 14 mars jusqu’au 22 mars, nous soulignons la Semaine canadienne de l’eau. Sous le thème : « Célébrer et conserver l’eau à travers notre pays. », de nombreux événements seront organisés d’un bout à l’autre du Canada. Une semaine qui nous sensibilise annuellement à l’importance de cette ressource pour la survie de l’humanité et qui nous rappelle que des millions de personnes sur la planète Terre n’ont toujours pas accès à une eau potable de qualité ou tout simplement à l’eau tout court. Que nous réserve l’avenir? Y a-t-il une crise mondiale de l’eau en vue?
Depuis la première grande rencontre internationale sur l’eau en 1977, des progrès importants ont été accomplis dans le monde pour rendre accessible l’eau, cette boisson indispensable. On ne peut vivre sans eau. Saviez-vous qu’encore aujourd’hui un enfant meurt à toutes les 8 secondes par manque d’eau? En fait, c’est plus de 672 millions de personnes qui en sont privées, une grande partie d’entre elles se retrouvent en Afrique subsaharienne. J’ai séjourné deux mois dans les zones rurales du Mali. J’ai foulé à maintes reprises ces terres déshydratées en période de sécheresse. Il fallait marcher jusqu’à deux kilomètres pour puiser l’eau. J’ai même labouré avec des bœufs ces terres arides qui, au moindre vent, soulevait un nuage de sable qui pénétrait toutes les orifices de mon corps tanné par le soleil brûlant. Il faut le vivre pour le croire. Oui, l’eau, c’est vital!
L’eau douce est primordiale : elle nourrit plantes et animaux de presque tous les écosystèmes, même ceux du désert. Tout le monde le sait pertinemment, les lacs, les étangs, les cours d’eau et les terres humides aident à la survie d’une grande diversité d’espèces et jouent un rôle écologique de premier plan. Pour les humains fragiles que nous sommes, l’eau douce constitue un élément fondamental. En fait, l’eau fait partie intégrante de toutes les sphères de la vie humaine, sociale, économique et culturelle. L’eau, c’est la vie!
Sur la planète actuellement, ce n’est pas tant l’eau qui fait problème que son accessibilité. Rendre l’eau accessible aux populations en manque est l’un des défis majeurs dans certaines régions du globe. Avec toutes les images et les statistiques qui nous bombardent périodiquement, il est normal de s’interroger sur la pénurie de cette ressource indispensable, de la crise mondiale de l’eau. Y a-t-il péril dans la demeure? Selon de nombreux observateurs, la crise fondamentale de l’eau en est une pour l’instant d’accessibilité. Même les pays industrialisés, avec leurs énormes ressources, ne sont pas exempts aussi de problèmes d’accessibilité.
Au cours des dernières décennies, des pas de géants ont été franchis pour rendre l’or bleu accessible à la population en manque. La Chine et l’Inde sont les pays qui ont fait un progrès remarquable au cours des dernières décennies. En Chine, 89% de la population a désormais accès à l’eau potable comparativement à 79% en 1990; en Inde, ce chiffre atteint les 88% alors qu’il était à 72% en 1990. On peut se demander à juste titre à qui appartient l’eau du globe. Est-ce un patrimoine mondial qui appartient à toute l’humanité ou est-ce seulement la propriété de quelques pays bien nantis? La question se pose sérieusement en cette période critique d’accessibilité.
Un peu partout dans le monde, vous vous en doutez, les disparités entre villes et villages sont fortes : 84% des êtres humains privés d’eau potable vivent en zone rurale. Les réserves d’eau douce sont très inégalement réparties à la surface du globe. La plupart des pays occidentaux sont comblés par d’énormes réserves d’eau qui se renouvellent automatiquement. De plus, ces pays connaissent aussi une faible croissance démographique. C’est tout le contraire dans les pays pauvres où la sécheresse règne et décime les populations les plus faibles et le bétail. En effet, à qui appartient réellement l’eau du globe?
Deux milliards d’habitants survivent avec moins de cinq litres d’eau par jour; dans les pays de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient, chaque habitant doit se contenter en moyenne de trois litres d’eau par jour. L’eau douce est donc une denrée rare et pourtant dans les pays développés nous dépensons jusqu’à 15 fois la consommation des pays pauvres. Chaque Québécois consomme 424 litres d'eau potable quotidiennement. En un an, cela représente 5 piscines hors terre. C'est deux fois plus que les Européens et presque 20 % de plus que la moyenne canadienne Quoi qu’il en soit, l’eau potable est essentielle à la vie humaine. Elle est un droit fondamental pour tous les humains. Nous l’avons dit précédemment, des milliards de personnes n’y ont pas accès pendant que d’autres la gaspillent sans retenue. Pour assurer un avenir à tous, nous devons modifier nos façons de faire rapidement. Goutte à goutte, changeons progressivement nos habitudes de gaspillage éhonté d’eau douce. C’est mieux qu’un coup d’épée dans l’eau!