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| Jean-Guy Roy - Aux urnes, citoyens! |
14 avril 2011 – Depuis le déclenchement des
élections le 26 mars dernier, toute l’attention médiatique se concentre
inévitablement sur les chefs des partis politiques. D’un bout à l’autre du pays,
les Stephen Harper, Michael Ignatief, Jack Layton, Gilles Duceppe et Elisabeth
May sont scrutés à la loupe. Tous leurs faits et gestes nous sont rapportés plus
grands que nature, il va de soi. Nous avons parfois une impression
de déjà vu, de parade nationale où les campagnes de dénigrement, les coups de
gueule, les dénonciations sont monnaie courante. C’est un combat à
l’arrachée dans les quelques 308 conscriptions au pays. Un mot d’ordre semble de
rigueur dans cette course au pouvoir: « Évitons les gaffes! ». | Le structurant Stephen Harper contrôle efficacement sa machine comme un gérant d’estrade fort expérimenté, Michael Ignatieff tente pour sa part de redorer une image quelque peu flétrie, Jack Layton, joyeux luron sympathique, semble gravir allègrement dans les sondages récents, Elisabeth May tente l’ultime effort pour faire élire au moins un des verts. Une campagne dont la partie finale n’est pas encore jouée dans la perspective d’un gouvernement majoritaire.
Il n’est pas facile de déterminer dès maintenant les résultats finaux de cette élection fédérale qui coûtera plusieurs millions de dollars; celle de 2006 a coûté au bas mot 272,6 millions. Devant le spectre d’une coalition de l’opposition Stephen Harper invite les Canadiens à choisir le parti qui est le plus apte à gouverner le pays. On peut se demander si ce pays est réellement gérable; nous assistons depuis deux décennies à des visions extrêmes dans ce vaste pays aux allures d’un continent. Depuis le début de la campagne, les promesses fusent de toute part et les milliards coulent à flot. Serait-il opportun de rappeler que le deuxième plus grand pays du monde accuse un déficit peu enviable même si son économie semble rouler sans trop de soubresauts?
Il est bien certain que le Canada n’a pas connu de manifestations montres dans les rues de ses grandes villes, comme ce fut le cas en Grèce. Stephen Harper clame haut et fort que le Canada s’en tire mieux que les autres pays industrialisés. Soit! Mais attention, même si la valeur du dollar canadien dépasse celui de nos voisins du sud, il peut y avoir anguille sous roche. Lorsque nous évoquons la dette nationale, nous ne regardons en général que la portion fédérale. Il ne faut surtout pas oublier celle des particuliers, des provinces, des territoires, des villes du pays. Selon la Fédération canadienne des contribuables, la dette des contribuables à elle seule frise les 543 milliards$. Ajouter à cela celles des provinces, territoires et villes, nous atteignons la mirobolante somme de 1100 milliards (1,1 billion $), de quoi nous couper le souffle!
On peut bien faire miroiter des milliards et le prétendu équilibre budgétaire alors que la caisse est pratiquement à sec. Selon une étude de la revue Economist, la dette des contribuables représente 32 506$ pour chaque citoyen et citoyenne du pays, tous âges confondus. Il y a de quoi devenir sceptique devant certaines promesses de nos politiciens en cravate. Pour vous donner une idée, la dette per capita de la Grèce est de 35 403 $. Et qui plus est, des pays dans la tourmente européenne obtiennent un meilleur rendement que le Canada. C’est le cas de l’Irlande avec une dette per capita de 28 758 $, et le Portugal se tient à 18 958 $ US. Ces pays sont maintenant à la remorque de l’Union Européenne. Il est bien évident qu’on ne peut comparer la situation de la Grèce et du Canada; le montant de la dette n’est pas le seul indice à considérer. Au fait, il n’y pas de quoi se « péter les bretelles » avec la performance canadienne.. Le retour à l’équilibre budgétaire pour le Canada et les provinces est vital pour l’avenir de ce pays aux vastes étendues et aux rêves impossibles.
Une élection est un événement démocratique de grande envergure. Prendre le temps de réfléchir, d’analyser les propositions des partis, de vérifier le service direct à la population auront toujours leur pesant d’or. Plusieurs citoyens ont l’impression que les élus en place travaillent d’élection en élection pour leur seule survie et non pour le service immédiat de la population. Dans le domaine de la santé, par exemple, plus de 5 millions de Canadiens n’ont pas encore de médecin de famille. Le système de santé canadien se retrouve au 30e rang pour son efficacité parmi les pays les plus développés. Nous sommes loin « du plus meilleur au monde » de Jean Chrétien. Certes, le thème de l’économie était au cœur du gouvernement sortant, mais au-delà de l’économie il y a des gens qui souffrent, qui n’ont pas le nécessaire pour vivre décemment. Dans tous les discours de cette élection, les enjeux sociaux n’ont pas la palme.
Il n’y a pas que les parades et les « shows » médiatiques des chefs qui comptent. Même les débats des chefs, forts médiatisés, qui viendront ces jours-ci n’assurent en rien de l’authenticité et de la vigueur des engagements des partis. Certains observateurs notent depuis une décennie l’émergence dans la députation de fonctionnaires de la politique, des carriéristes qui n’ont pas eu la chance de se frotter à la dure réalité du travail quotidien. Gardons toute de même notre bonne humeur, car il y a encore plusieurs jours de campagne et tout peut arriver. Il reste que c’est le citoyen dans l’isoloir qui décidera le 2 mai de l’issue ultime de ce scrutin, pour le meilleur ou pour le pire. Aux urnes, citoyens!
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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