À la seule vue panoramique du Parc du Bic qui se déroulait devant moi, je restais émerveillé devant ce décor spectaculaire. Le Québec en saison estivale s’avère l’un des joyaux exceptionnels de notre planète. Il est beau ce territoire sillonné par tant de rivières et de lacs, ils sont époustouflants ces arbres majestueux qui ornent nos forêts généreuses et touffues. Mais rien n’est parfait en ce bas-monde.
L’arrivée de la saison estivale signale aussi la mise en marche d’innombrables chantiers routiers. Après l’élection fédérale du 2 mai, le Québec est en train de vivre sa deuxième vague orange. Les milliers de cônes oranges qui ornent nos routes chaotiques sont là pour tout l’été; ils balisent notre parcours en serpentin C’est parfois digne d’un slalom géant! Au cours de mars dernier, le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, et le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, avaient annoncé que plus de 3,9 milliards $ seront investis dans le réseau routier en 2011-2012, en incluant la contribution des partenaires. Imaginez, c’est plus de 2000 kilomètres de chaussées et 875 structures qui seront rénovés. Cette programmation s’inscrit bien entendu dans la poursuite du plan de redressement du réseau routier et du Plan québécois des infrastructures. Une véritable armée d’ouvriers envahiront nos routes pour les colmater. Au cours de l’été, c’est plus de 1645 chantiers qui mobiliseront près de 54 000 travailleurs aux commandes de bulldozers, de pelles mécaniques, de camions, de marteaux-pilons, etc. Armons-nous de patience car l’été sera long!
Montréal n’est pas en reste avec ses rues crevassées; on a l’impression de frayer dans un champ miné. Nul ne conteste qu’elles soient dans un .état pitoyable; à plusieurs endroits, c’est même dangereux d’y circuler! Le gouverne-ment soutiendra donc dans la métropole quelques 53 chantiers et retapera 163 structures; plus de 6 000 ouvriers s’affaireront dans ces importants travaux de réfection devenus plus que nécessaires. Pour sa part, la ville de Montréal fera elle aussi son petit bout de chemin. La ville procédera à la réfection de 31 kilomètres de chaussées et de trottoirs tandis que 60 kilomètres de conduites d’aqueduc et d’égout seront remplacées ou réhabilitées. On nous annonce aussi que 14 interventions viseront l’entretien des ponts et tunnels métropolitains. Préparons-nous à un été super chaud du côté des travaux routiers.
Globalement la province compte environ 185 000 km d'autoroutes, de routes nationales, régionales, de rues et de chemins locaux. On y retrouve aussi près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux. Le réseau routier relie toutes les régions, et se concentre principalement autour des grandes agglomérations de Montréal et de Québec. En fait, le territoire québécois compte actuellement 29 autoroutes, 45 routes nationales et 129 routes régionales ou secondaires. Tout cela fait pas mal d’asphalte mes amis !
Au cours de l’été, il faudra surveiller la vitesse dans les zones des travaux routiers dont la limite de vitesse est fixée à 70 kilomètres. Les conducteurs délinquants peuvent s’attendre à des amendes salées, pouvant aller jusqu’à 350 $. Tous les conducteurs se doivent de bien regarder la signalisation routière. Pour ceux qui ne savent pas, la signalisation routière est de juridiction provinciale ; chaque province a établi son propre système de signalisation. C’est pourquoi le Canada n’a jamais adopté la Convention de Vienne sur la signalisation routière. Depuis fort longtemps, le réseau routier du Québec a été maintenu dans un piètre état; en plusieurs endroits, la sécurité de ses usagers est en cause. Il a fallu l’effondrement de structures qui ont causé malheureusement la mort pour faire bouger le gouvernement. Les investissements massifs des dernières années étaient les bienvenus.
Nous le savons tous, une partie importante des structures québécoises se retrouvent dans un état lamentable, dangereux et intolérable. Les failles signalées récemment au pont Champlain et à l’échangeur Turcot n’ont rien de rassurant pour les usagers. Un système routier sécuritaire nécessite évidemment un entretien régulier, non pas seulement selon l’expression populaire de « patchage » d’élections. Au cours de prochaines semaines, patience et prudence seront plus que jamais de mise sur les routes sinueuses et chaotiques de la province. Bonne route quand même!