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| Jean-Guy Roy - Être heureux, pourquoi pas? |
17 mai 2011 - « Le temps passe si rapidement!
» disons-nous fréquemment au fil des conversations. C’est presque une vérité de
La Palice. Le célèbre Monsieur cent mille volts, Gilbert Bécaud, chantait avec
énergie ces mots tellement vrais : « Le train de la vie… Oh vraiment ce train va
trop vite. » Plus l’on avance en âge, plus on a l’impression que la vie nous
échappe furtivement, qu’elle se faufile entre nos doigts fragiles qui tentent
tant bien que mal de s’accrocher au temps. La finitude de notre itinéraire
terrestre est certaine, nous n’y échapperons pas mais nul ne connaît l’heure du
départ. On va tous y passer mais rien ne presse, il va sans dire, pour chacun de
nous. Dans ce monde de l’accélération où les bidules informatiques et
électroniques transforment trop souvent notre rapport au monde, nous avons
parfois l’impression de surfer sur le quotidien qui se déroule devant nous,
quasi impuissants. Reste-t-il encore quelques oasis de bonheur, d’espaces de
liberté où l’on puisse vivre heureux avec soi et les autres? |
La question du bonheur peut paraître pour certains un peu abstraite, trop philosophique quoi ou hors du temps réel. Mais au fait, peut-on vivre heureux sur cette terre? Peut-on mesurer au fil des jours notre indice de bonheur? Depuis cinq ans, l’IRB propose des questionnaires pour « évaluer qualitativement et quantitativement l’état général des populations et de les comparer entre elles. » C’est donc une évaluation des impressions et des perceptions des états d’âme des gens; en fait, de leur propre situation de vie. Voilà que la semaine dernière l’IRB publiait les résultats d’une vaste enquête de chaque côté de l’Atlantique. Est-on plus heureux en France qu’au Québec?
Voici des résultats étonnants à la suite d’un coup de sonde réalisé auprès de 38 000 répondants, rien de moins les amis. Plus de 27 000 répondants québécois et 11 000 répondants français ont participé à ce grand sondage. Avec cet échantillon assez costaud merci, pour la marge d’erreur, on y repassera. Globalement, les Québécois se disent plus heureux que leurs cousins d’outre-Atlantique, un écart de 8,13 points. Selon l’IRB, « sur les 24 facteurs d’influence du bonheur, les Québécois affichent de meilleurs résultats pour 19 d’entre eux alors qu’ils enregistrent des résultats inférieurs aux Français que pour seulement 4 de ces mêmes facteurs. » Les différences les plus marquées entre Québécois et Français, aux dires de l’enquête, se trouvent dans les facteurs de l’accomplissement de soi, du travail, de l’amour et de la reconnaissance. Les Québécois semblent avoir une vie plus épanouissante.
Quoi qu’il en soit, le bonheur ou du moins les petits bonheurs sont à la portée de tous. Il y a même des chercheurs qui ont récemment découvert le gène du bonheur. Selon eux, le bonheur serait en partie génétique. Pas si bête ma foi! « En fait, il s’agit de deux copies de gène, un de chaque parent. Si les personnes ont reçu les bonnes variantes, elles auront tendance à être plus satisfaites de leur vie. Ce gène 5-HTT est responsable de la façon dont les cellules nerveuses gèrent la distribution de la sérotonine, qui, elle, contrôle l’humeur. » Somme toute, le bonheur est une question d’aptitudes et d’attitudes. Au-delà des questions génétiques, le bonheur ça s’apprend aussi. Pas à pas, on apprend à « être heureux » avec le bagage humain inné, hérité et appris. Nous avons parfois l’impression que les gens heureux et malheureux sont nés comme cela et que tout est une question de chance et de circonstance. Nous sommes tous, en partie, responsables de notre humeur, de notre manière de vivre. Les gens heureux s’autorisent pleinement à être heureux. Il ne faut pas avoir peur de se donner la permission d’être heureux, de marcher sur la route du bonheur. David Niven écrivait dans son livre Les 100 secrets des gens heureux : «les gens malheureux passent en moyenne deux fois plus de temps à penser aux événements désagréables de leur vie, alors que les gens heureux recherchent des informations qui améliorent leur vision du monde, et s’y fient. »
L’écrivaine française Louise Vilmorin disait : « Le bonheur est une disposition de l’esprit » N’y avait-il pas dans les années 80 un slogan de Pepsi-Cola qui véhiculait subtilement la même chose : « C’est dans la tête qu’on est beau! » Quoi qu’il en soit, il revient à chacun de nous de faire son petit bonheur comme le chantait si bien notre troubadour national Félix Leclerc. Il y a toujours des petits conseils qui peuvent nous aider dans l’âpreté du quotidien, nous remettre sur le piton comme on dit si bien au Québec. En voici quelques-uns sans prétention : Faites la paix, tant se faire que peut, avec vous-même; Semez la joie abondamment autour de vous; Acceptez, bien humblement, vos états d’âme, vos humeurs; Évitez la panique et respirez par le nez; Faites la fête de temps à autre; Réconciliez-vous avec votre passé; Donnez du sens à vos gestes quotidiens; Ayez un brin de folie de temps en temps; Apprenez à rire de vous-même si possible. Une chose est certaine, le bonheur ça ne se raisonne pas, ça se vit tout simplement au fil des jours, ça se sent lorsque deux regards se croisent en arborant un large sourire. Ce n’est pas compliqué au fond, il y a plus de bonheur à être heureux qu’à être malheureux!
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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