Pourquoi une entreprise rachète-t-elle ses propres actions pour les annuler? Parce qu’elle dispose de beaucoup de liquidités, et qu’elle estime que c’est la meilleure chose à faire en ce moment avec tout cet argent, tout simplement.
Une entreprise publique (inscrite en Bourse) n’a pas le droit de racheter ses propres actions, sans en avertir le public investisseur, et sans obtenir la permission des autorités réglementaires concernées. Sans cette règle, une entreprise pourrait manipuler de prix de ses actions sur le marché boursier, les acheter et les revendre à son gré, pour les faire monter ou descendre à sa guise, au moment de faire une nouvelle émission d’actions, ou pour attirer de nouveaux attirer investisseurs, par exemple.
En éliminant de grandes quantités d’actions, l’entreprise soutient le prix de l’action, et peut même le faire monter, car il y aura moins d’actions en circulation, pour se partager les bénéfices futurs de l’entreprise. Les actionnaires profitent donc ainsi de l’annulation des actions rachetées avec leur propre argent.
Car les bénéfices des entreprises, et donc les énormes liquidités qu’elle peut ainsi accumuler, appartiennent aux actionnaires, petits individus et grosses institutions financières. L’entreprise ne peut pas accumuler indûment des liquidités, qui vont dormir dans l’encaisse, à des taux d’intérêt ridiculement bas.
L’autre façon que l’entreprise peut utiliser pour redistribuer ses liquidités excédentaires, c’est d’augmenter le dividende, cette partie des bénéfices que les grandes entreprises distribuent chaque année à ses actionnaires. Mais il existe une différence importantes entre racheter des actions, et augmenter le dividende : c’est la durée.
Augmenter le dividende représente un engagement à long terme, pour l’entreprise. Une entreprise qui abaisse son dividende, ou qui le suspend, provoque une dégringolade du prix de l’action, car les actionnaires vendent leurs actions, pour manifester leur mécontentement.
Un rachat d’actions, au contraire, reste une décision unique, temporaire, que l’entreprise peut renouveler ou non, quand bon lui semble. Il ne s’agit donc pas d’un engagement solide, à long terme.
Les grandes entreprises florissantes, comme nos banques canadiennes par exemple, utilisent souvent les deux façons différentes de distribuer leurs surplus aux actionnaires. Trois d’entre elles viennent d’annoncer une augmentation de leur dividende. Vont-elles aussi racheter des actions? On ne le sait pas encore.
Avant d’investir dans une entreprise, les nouveaux investisseurs doivent donc s’informer sur ses politiques de versement de dividendes et de rachat d’actions, sur la gestion de ses dettes et de ses liquidités. Car cet argent leur appartient.
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