On comprend aisément qu’il puisse être plus glorifiant pour un conseiller financier de clamer « l’an dernier, j’ai offert un rendement de 15 % à mes clients », plutôt que de déclarer «l’an dernier, j’ai fait épargner 15 % d’impôt à mes clients ». Je vous réfère ici à mon billet du 15 mai 2011, intitulé « Un rendement de 57 %…et beaucoup plus », dans lequel j’illustrais de quelle façon, par exemple, un investissement dans une société en commandite d’exploration minière et pétrolière pouvait offrir des rendements fort intéressants, grâce aux subventions des deux paliers de gouvernements à cette industrie de risque élevé.
En reprenant ce cas où un contribuable déclarant un revenu de plus de 75 000 $, et qui se rapprocherait donc du taux marginal d’imposition de 48 % aux niveaux provincial et fédéral, nous avons donc défini la notion de risque réel et de rendement réel, applicable sur le coût réel du placement. Prend-on réellement un risque sur un placement de 10 000 $, sachant que le gouvernement nous enverra un retour d’impôt de 6 500 $ sur cet investissement, le printemps suivant ? Le rendement total du placement devra donc prendre en compte le retour d’impôt et le rendement propre du capital investi.
Trop peu de conseillers financiers se soucient autant des économies d’impôt de leurs clients que de leurs rendements. Pourtant, en bout de ligne, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’argent de plus dans la poche de ces contribuables déjà lourdement taxés et imposés. Dans l’exemple des sociétés en commandite d’exploration minière et pétrolière, je rappelle pourtant que la recette est connue depuis fort longtemps, les subsides gouvernementaux existant depuis plus d’un demi-siècle. Mais il ne semble pas dans la culture de plusieurs conseillers financiers de faire profiter à leurs clients d’économies d’impôt substantielles, qui viendront pourtant, au final, gonfler leurs épargnes annuelles et disponibles à l’investissement dans les années futures.
Et si le 10 000 $ que vous parveniez à économiser au cours d’une année, au prix de plusieurs sacrifices, vous permettait d’en réinvestir les deux tiers l’année suivante ? Ne demanderiez-vous pas à votre conseiller financier de respecter une règle toute simple en matière de finances personnelles et familiales, soit de réduire d’abord au maximum vos impôts, avant même de songer à partir à la chasse aux rendements ?
Assurez-vous donc toujours que votre conseiller financier travaille, à tous les niveaux, dans votre intérêt, et non dans celui de vos ministres des Finances…
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