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Guy Loubier - « Sir Wilfrid Laurier : un portrait intime », par Laurier Lapierre
Il va sans dire que ce texte ne constitue qu’un bref survol de l’histoire de ce grand homme, trop tôt oublié. Cette biographie offerte en traduction n’est peut-être pas le meilleur ouvrage consacré à Wilfrid Laurier, mais elle nous apprend beaucoup de choses sur le premier ministre francophone du Canada et sur le milieu dans lequel il a évolué. À lire cet ouvrage, on ne peut que souscrire à cette nouvelle devise du Québec : « Je ne me souviens de rien ».

Détail surprenant : Malgré avoir fait tout son cours classique au Collège de l’Assomption et avoir été astreint à une discipline religieuse rigoureuse, il n’a jamais été un véritable croyant, mais ne se dérobait pas aux rites religieux auxquels il aurait pu difficilement se soustraire. Tout au long de sa carrière politique, Laurier sera la cible de l’Église catholique dont la hargne atteindra des sommets inégalés dans l’histoire religieuse du Québec.

Voici un fait peu connu, mais qui est parfois évoqué par certains historiens : A l’époque du Haut- Canada et du Bas-Canada, et en raison de l’absence de la représentation proportionnelle, le Bas-Canada se vit contraint de contribuer au paiement de la dette du Haut-Canada, de loin supérieure à celle du Bas-Canada.

Lorsque Laurier remporta sa première victoire politique, le double mandat était encore en vigueur. Un député du Québec pouvait aussi être un député fédéral et cumuler les deux postes. Toutefois, cette anomalie fut supprimée peu après l’entrée de Laurier en politique.

Laurier avait fait ses études de droit à l’Université McGill, l’Université de Montréal n’existait pas encore à cette époque. Devenu associé dans un bureau d’avocat, il s’était rapidement enthousiasmé pour les thèses libérales, et peu après, on lui avait demandé de diriger Le Défricheur,  petit journal à tendance libérale, établi à l’Avenir, mais qui par la suite, avait opté de déménager à Victoriaville.

En 1864, le pape Pie IX était d’avis qu’accepter le libéralisme, le progrès et la civilisation moderne était une erreur et les évêques du Québec n’avaient pas tardé à  adopter aveuglément les théories du pontife. Les curés interdisaient à leurs paroissiens d’acheter Le Défricheur sous peine de péché mortel. En outre, les évêques proclamaient qu’aucun prêtre ne devait accepter de comparaître devant un tribunal civil : le prêtre devait exiger d’être jugé par un tribunal ecclésiastique.

Laurier fut élu député à l’Assemblée législative du Québec en 1871. Il fut sans doute l’un des premiers politiciens du Québec à reconnaître publiquement que les Canadiens-français soucieux de préserver leur héritage national se fermèrent sans conserver avec le dehors aucune relation.

Laurier fut élu pour la première fois au fédéral en 1871 dans le comté Arthabaska-Drummond.

L’affaire Louis Riel qui s’étala sur plusieurs années fut une période difficile et douloureuse pour Laurier. La pendaison de Riel avait  jeté beaucoup de confusion dans les esprits du fait que beaucoup étaient portés à croire qu’il s’agissait de représailles exercées à la suite de l’exécution de Thomas Scott

Premier ministre de 1896 à 1911 et chef de l’Opposition officielle jusqu’à sa mort en 1919, Laurier fut un brillant orateur, un conciliateur hors pair et un homme de compromis exceptionnel. Il se vit constamment contraint de tirer son épingle du feu face aux constantes pressions des États-Unis et de l’Angleterre qui se révélaient fréquemment défavorables aux intérêts du Québec.

La maison Laurier, sur la rue Laurier (autrefois rue Théodore) lui avait été offerte par ses partisans au coût de 9 500$. Homme d’une parfaite courtoisie, il maîtrisait parfaitement les deux langues et il est l’un des plus grands hommes politiques que le Canada ait connus. 

Cliquez ICI pour en connaître un peu plus sur Wilfrid Laurier.


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