Pour ma part, j’ai renoué avec cette terre magnifique et généreuse qui m’a vu naître, l’incomparable Gaspésie aux trésors insoupçonnés. Celui qui s’aventure sur ces routes où le fleuve devient mer, n’en finit plus de s’émerveiller de la beauté des paysages qui défilent devant lui et de la courtoisie de ses habitants fort hospitaliers. La Gaspésie regorge de sites enchanteurs, elle séduit sans contredit par sa différence et sa diversité. La National Geographic Society classait la Gaspésie parmi les 20 plus belles destinations touristiques au monde en 2011. Rien de moins!
À travers des routes sinueuses à souhait, serpentant les monts et vallées, traversant les ponts et ponceaux arc-boutant les tumultes de la rivière Matapédia, réputée mondialement pour la pêche au saumon, j’ai découvert combien je me sentais vraiment chez moi dans ce panorama à couper le souffle. Et que dire du célèbre rocher Percé, majestueux et digne, témoin et gardien d’une histoire fabuleuse; de l’île Bonaventure, terre d’accueil de milliers de Fous de Bassan formant ainsi l’un des plus grands sanctuaires d’oiseaux en Amérique du Nord; de tous ces coquets villages aux noms pittoresques qui nous font vibrer au rythme d’une population héritière d’un passé forgé d’un bout de mer et de l’immensité de forêts plantureuses? Oui, ça vaut le détour!
La saison estivale s’esquive tout doucement laissant place à la reprise des activités automnales coutumières et parfois exigeantes. Nous allons reprendre nos agendas qui se rempliront sans doute à vive allure. En septembre, tout le monde rentre et cela pendant un mois. On n’a pas fini de rentrer sur les plans social, culturel, éducatif, économique et j’en passe. La vie québécoise s’arrime à celle du milieu scolaire, de septembre à la fin juin quoi. Mais la rentrée risque de ne pas être de tout repos car les cônes orange qui pullulent sur nos routes seront toujours au rendez-vous. Les travaux routiers, en particulier dans la grande région montréalaise, risquent de causer des tracas assez costauds aux usagers du système routier. Le Ministre Sam Hamad a beau se faire rassurant en nous affirmant que tout ira bien; j’ai bien l’impression que ce dernier est lui-même dépassé par les structures qui s’écroulent et toutes celles qui sont lézardées assez dangereusement merci. Il faudra prendre notre mal en patience sachant que le défi colossal du remplacement de nombreuses infrastructures désuètes et dangereuses reste entier.
Sur le plan économique, nous marchons dans des sables plus que mouvants en cette rentrée automnale. Les événements des dernières semaines n’augurent rien de rassurant pour les économies chancelantes de plusieurs pays et les investisseurs nerveux, voire inquiets. L’économie mondiale semble à nouveau devant un gouffre presque imparable. Nos puissants voisins du Sud ont même vu leur cote de crédit fléchir, de même que la puissante économie nippone. Pour sa part, le gouvernement canadien ne semble pas paniquer et se montre plutôt discret. Dans une très rare entrevue au cours de l’été, le ministre Jim Flaherty a indiqué que le Canada ne modifiera en rien sa stratégie gagnante et que tout semble lui donner raison. Nous savons bien qu’il y a encore beaucoup d’eau qui coulera sous les ponts.
En cette fin de saison estivale, la disparition du chef néo-démocrate Jack Layton le 22 août dernier aura ému la classe politique et la population canadienne. Des milliers de citoyens ont défilé devant sa dépouille à Ottawa et Toronto; près de 2500 personnes assistaient samedi dernier à ses funérailles nationales dans la majestueuse enceinte de la salle de spectacle Roy Thomson Hall de Toronto dont le thème était la célébration de la vie. Même jusqu’à son dernier départ, Jack Layton aura été rassembleur, porteur d’espoir. Vraiment, il était un politicien du peuple. Élu le 2 mai dernier Chef de l’Opposition officielle au parlement canadien, Jack n’aura pas eu la chance d’y exercer tout son talent et de mettre de l’avant ses promesses et ses rêves. Jack Layton nous quitte à l’âge de 61 ans avec un message d’espoir qui peut nous inspirer en cette rentrée sûrement pleine de défis : « Mes amis, l’amour est cent fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir. Alors, aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde. » Il nous revient en cette rentrée 2011 de changer le monde par des petits gestes quotidiens porteurs d’espoir, d’amour et cela sans détour. Bonne rentrée!