Ils sont nombreux les observateurs à réclamer la disparition des commissions scolaires qui bouffent des sommes astronomiques décriées fortement par ces derniers. Mais voilà qu’en cette rentrée scolaire, la Ministre Line Beauchamp vient de sonner la fin de la récréation, défrayée avec l’argent même des contribuables. Elle a promis la semaine dernière de garder l’œil ouvert sur les budgets des commissions scolaires et de serrer la visse aux abuseurs du système. Une attitude courageuse et nécessaire il va sans dire.
Ces derniers mois les journaux ont fait écho à plusieurs reprises de nombreux écarts administratifs dans les officines de certaines commissions scolaires et de plusieurs largesses inconcevables accordées à leurs dirigeants. Pendant ce temps, les écoles manquent de tout, le taux de décrochage demeure endémique, les professeurs sont de plus en plus exaspérés de ce système éducatif souffrant à grand frais d’un fonctionnarisme à outrance. Il y a du « dégraissage » à entreprendre et la Ministre Beauchamp semble vouloir prendre le taureau par les cornes. De plus, elle désire proposer le chemin de la persévérance au sein des écoles tout en portant une attention aux garçons qui sont, selon les nombreuses statistiques, les principaux décrocheurs du système. Selon la Ministre, « Les garçons à travers le monde ont plus de difficulté à réussir à l’école que les filles. Or, toutes les études tendent à montrer que c’est l’apprentissage de la lecture qu’il faut accentuer chez les jeunes garçons. »
Après bien des tergiversations et quelques voltiges philosophiques, l’année scolaire qui démarre sera notamment marquée par le retour du bulletin chiffré dans toutes les écoles de la province, une mesure, disons-le, qui entre en vigueur avec un an de retard. Bulletin, on le sait tous, qui avait fait couler beaucoup d’encre et susciter nombre d’irritants tant sur le plan des politiques, scolaires que dans la population. Le bon sens semble avoir pris le dessus et les notes chiffrées reviendront quantifier les résultats des élèves au grand plaisir des parents qui ne comprenaient plus et qui ne savaient plus comment lire le bulletin de leur enfant. Nous avons tous à cœur l’avenir de nos enfants et il importe de maintenir un système scolaire de qualité.
L’éducation demeure le deuxième poste budgétaire en importance, après la santé. Il comporte quatre ordres d’enseignement : le primaire, le secondaire, le collégial et l’enseignement universitaire. Dans les années 60, la Révolution tranquille avait fait de l’éducation l’élément-clé du développement du Québec et de son avenir. Cinquante ans plus tard, on peut se demander ce qui s’est passé ces dernières années. Notre système d’éducation a subi un sérieux revers et il importe d’y mettre les efforts et les sommes d’argent nécessaires pour redonner à notre coin de pays, un système éducatif de haute qualité.
Toutefois, l’automne risque d’être assez chaud pour la Ministre, car les étudiants universitaires attaqueront de plein front le gouvernement sur la hausse des droits de scolarité. fallait s’y attendre car qui ose toucher aux droits de scolarité sait d’avance qu’il soulèvera un tollé. Il Line Beauchamp, avec l’appui de l’Assemblée nationale, semble sereine et prête à faire face à la musique tapageuse des étudiants récalcitrants. Là aussi, il y a plus qu’une aberration dans le milieu universitaire. Tous les élus s’entendent pour soutenir les universités appauvries au fil des années, mais personne ne s’entend sur un plan d’action musclé et salvifique à mettre en place. Les universités souffrent aussi d’embonpoint et de la mégalomanie immobilière. Les excès sont nombreux à cet égard; le seul exemple du fiasco de l’îlot Voyageur témoigne de sérieux problèmes de gouvernance et de l’irresponsabilité de certains recteurs imbus de grandeur.
Avec le retour possible du vouvoiement dans les établissements scolaires, il appert que l’univers de l’école est bien à l’image de notre société qui se cherche une identité et qui peine à se doter de priorités. Le Québec vit une grave crise au sein de ses institutions; les nombreux scandales, la corruption répandue n’augurent rien de bon pour l’avenir de nos enfants. Il revient à chacun de nous d’inspirer le parcours des jeunes qui fréquentent l’école, de susciter chez eux le goût d’apprendre, de se développer, de se réaliser. L’écrivain et homme d’État anglais Benjamin Disraeli disait : « De l’éducation de son peuple dépend le destin d’un pays. » J’ose espérer que nos élus en quête de popularité et de sondages favorables sauront se tenir debout pour une éducation de qualité. Nous le savons tous, ce n’est pas dans la science, ni les mathématiques qu’est le bonheur mais d’acquisition de celles-ci. Un peu de persévérance!