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| Jean-Guy Roy - Des histoires de profs ! |
9 septembre 2011 – Avec la rentrée scolaire, l’école
demeure sans contredit au cœur de nos préoccupations quotidiennes par les temps
qui courent. Nous le savons bien, il n’y a pas de vie scolaire sans profs et
sans élèves après tout. Tout le branle-bas de l’automne nous place toujours
annuellement devant d’interminables questions de sens et de vision, mais aussi
face à des priorités et des suggestions qui méritent parfois qu’on s’y attarde
plus longuement. Il y a un temps pour chaque chose dans la vie, comme l’affirme
l’éternel texte de l’Ecclésiaste. | Nous connaissons tous des parents qui ont sacrifié de leur personne, de leur argent pour donner à leurs enfants la meilleure éducation possible. Nous aurions tant d’histoires à raconter sur l’école et sur ceux qui enseignent à nos enfants, les profs. Le quotidien La Presse publia la semaine dernière une série d’articles, signée par Mathieu Perreault, aux titres très quelque peu évocateurs : Évaluer les enseignants?, Des « mercenaires » de l’éducation, Enseignants, de très rares congédiements. Plusieurs s’inquiètent, à juste raison, de la performance des enseignants, de leur formation et de leur aptitude à diriger une classe. C’est un dossier chaud et épineux depuis fort longtemps.
L’école publique n’est pas au bout de ses peines. Les défis sont immenses et les ressources de plus en plus rarissimes. Les professeurs qui animent la vie de nos établissements sont à l’image de notre société, ni meilleurs, ni pires. On trouve des profs géniaux et des cancres partout. Mais il ne faut surtout pas que dénigrer l’école publique, il faut la sauver, la redynamiser, car c’est l’avenir de nos enfants, de notre culture, de notre province qui se joue. L’école publique ne peut qu’être qu’une grande garderie; l’apprentissage demande des efforts soutenus et de la persévérance. La Ministre Line Beauchamp a fait de la persévérance son cheval de bataille en cette rentrée 2011 et elle ne peut le faire sans les équipes-écoles. Les profs ont besoin, eux aussi, de support adéquat, d’encadrement soutenu, d’évaluation pertinente.
Il ne peut y avoir de société nouvelle sans éducation de qualité, sans investissement à long terme. On ne peut penser l’éducation à court terme. On vit malheureusement dans un monde éphémère, au gré des modes et du prêt à jeter. Penser à court terme en éducation est réducteur et dangereux; au risque de faire de l’école une machine distributrice de cours. Il faut aussi de la vision, des exigences et des défis à proposer aux jeunes Québécois. Certes, la stricte acquisition des connaissances est importante à l’école, mais l’encadrement et l’environnement tout autant.
Devant les défis qui se posent à notre société, comment l’école d’aujourd’hui pourra-t-elle permettre à des jeunes de mieux chercher ce qu’ils sont, de trouver des points de repère, de compter sur des éducateurs compétents et de découvrir des valeurs significatives qui leur ouvrent un chemin d’avenir, d’espoir en demain. Les jeunes désirent ardemment réussir leur vie. On peut s’interroger en ces jours de rentrée sur ce qu’est devenu notre système d’éducation? Les jeunes sont-ils toujours au centre de nos réformes et de nos restructurations répétitives?
Pierre et Louise, deux profs à la retraite depuis cinq ans, m’ont confié récemment leurs préoccupations. L’école a été leur vie pendant trente-cinq ans et ça paraît dans leurs yeux lorsqu’ils en parlent. Ils en sont toujours passionnés. Ce qui m’a touché le plus dans notre échange, c’est leur façon de parler des jeunes. Ils ont gardé le feu sacré. C’est comme s’ils avaient encore de la poussière de craie sur les doigts. «L’éducation, c’est pour la vie! C’est sans doute le beau cadeau à offrir aux générations qui avancent», m’ont-ils dit. Puissent-ils être entendus par nos décideurs et nos éducateurs. La vraie question au fond, l’école c’est pour qui?
Pour ma part, je me souviens de Marcel, un petit bout d’homme enjoué. Il m’enseignait l’histoire comme si c’était un jeu. Ce professeur était un passionné; impossible de fermer les yeux en classe, encore moins de chigner sur ses devoirs. Avec lui, on avait du cœur à l’ouvrage. Il prenait le temps de nous écouter, d’être attentif à nos questionnements et même de rire avec nous. Ce cher Marcel avait compris que l’élève passait avant la matière, le jeune avant le projet. C’était un vrai pédagogue et il aimait assez sa matière pour nous éblouir. Ce petit bout d’homme avait compris l’art de communiquer, d’être en relation avec ses élèves sans se renier par complaisance. Non, il était ferme dans l’enthousiasme et serein dans la turbulence estudiantine. Ce n’était pas notre chum, c’était Monsieur Marcel! Nous avions autant de respect pour lui qu’il en avait pour nous. Il avait su conquérir nos cœurs d’adolescents égarés comme ce John Keating (Robert William) dans l’extraordinaire film La Société des poètes disparus. Cet enseignant hors du commun, qui effarouchait la hiérarchie d’un collège traditionaliste, incitait passionnément les adolescents à trouver leur propre voie par le chemin le plus court. Aider à trouver sa voie, n’est-ce pas ce qu’un élève peut espérer d’un bon prof?
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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