La récente démission de la Ministre Nathalie Normandeau n’est pas aussi limpide que le laisse croire la version officielle. Selon plusieurs observateurs, mieux vaut prévenir les ressacs de certaines vagues quelque peu houleuses qui pointent à l’horizon. Il y a de ces revers qui ne pardonnent dans cet aréopage du pouvoir.
Comme à tous les ans, Jean-Marc Léger publiait ce mardi dans Le Journal de Montréal le grand baromètre des professions. Cet intéressant sondage montre l’appréciation, la confiance de la population envers certaines professions. En fait, comment les Québécois perçoivent-ils ceux qui exercent les professions les plus familières? Vous ne serez pas surpris en apprenant que les politiciens ne récoltent que 8% de la confiance des Québécois. Ils se retrouvent avant-derniers dans la liste, juste avant les vendeurs d’autos. Quelle position ma foi! « Il n’y a pas de quoi se péter les bretelles », comme disait mon grand-père Georges, organisateur politique par excellence. Les politiciens, malheureusement trop souvent des carriéristes, n’ont plus la cote. Il faut dire que les affaires de collusion, de fraudes, de malversations de certains élus ternissent grandement cette profession essentielle dans nos sociétés démocratiques.
Nous avons tous connus des êtres exceptionnels qui ont fait de la politique quelque chose de noble, au service de la population. Il est vrai que la politique actuelle ronronne dans les hautes sphères des partis et souvent, à des années- lumière du vrai peuple. Au Québec, la marmite politique chauffe à plein régime et les déclarations fracassantes ne manquent pas. Certains ténors de la vie politique désirent faire de la politique autrement, proche des gens. Reconquérir le citoyen semble le leitmotiv de plusieurs députés qui n’ont plus la passion du fonctionnarisme, de la bureaucratie et de politiques somnifères. Il n’est pas surprenant de constater un ras-le-bol généralisé dans la population et une appréciation médiocre de ceux qui font de la politique. Même la popularité du maire Labaume de Québec n’efface pas le maigre 27% de confiance des Québécois envers les magistrats de nos cités. Imaginez, les cols bleus surpassent leurs patrons bien cravatés. Quand le peuple parle, il faut tout de même se mettre en mode d’écoute et décoder le message.
Toutefois, il est fort intéressant de constater dans les résultats de ce coup de sonde, signé Léger Marketing, que ceux qui exercent des professions proches des gens sont les plus appréciés. La confiance est aussi une question de relations, d’intérêt, de proximité. Les pompiers récoltent un indice de confiance de 97%, le personnel infirmier de 81%, les chirurgiens de 89%, les facteurs de 86%. Même les enseignants, que l’on semble décrier haut et fort en cette rentrée scolaire, récoltent un niveau appréciable de confiance de 86%; un baume qui sera sans doute bien accueilli par ceux et celles qui tentent d’accompagner nos enfants dans des conditions qui sont loin d’être des plus reluisantes.
En regardant de près le tableau des résultats, il est aussi intéressant de constater que les professions qui représentent des formes d’autorité n’obtiennent pas des taux de confiance mirobolants. C’est le cas des prêtres et des pasteurs, jadis la conscience morale du peuple, qui n’atteignent qu’un indice de confiance de 40% de la part des Québécois. La confiance, ça se mérite. Il est clair que ce baromètre ne dit pas tout de la réalité et que les citoyens sont très influencés par certains médias et journaux à potin sans trop de fondement. Même les journalistes n’ont pas la cote, 61% des Québécois ne semblent pas leur donner confiance. Ouf!
Peu importe le métier que nous exerçons, nous serons toujours perçus à travers les gestes, les paroles et les actes que nous poserons ou que nous omettrons. La vie est ainsi faite. Dans une société qui semble carburer de plus en plus à une philosophie du « pas dans ma cour », il importe de retrouver une vie citoyenne, proche du monde, sensible aux réalités vécues sur le terrain. Nous assistons depuis plusieurs années à une désolidarisation généralisée. La reconnaissance, l’appréciation, la confiance ne se commandent pas, elles se dessinent et s’acquièrent au jour le jour par un intérêt marqué pour les gens que l’on côtoie.
Nous cherchons tous, peu importe la profession que nous exerçons, un peu, beaucoup parfois, de reconnaissance. Être apprécié, reconnu pour ce que l’on est et pour ce que l’on réalise est essentiel, voire crucial dans notre développement professionnel. Nous sommes parfois les seuls témoins de nos efforts, de nos exploits. Il y a des milieux plus propices que d’autres à la reconnaissance. Le baromètre annuel des professions au Québec ne révèle pas tout, mais exprime tout de même une perception. Comme dit le proverbe bien connu: « On récolte ce que l’on a semé »... ou presque!