Dimanche dernier, je suis rentré à ma résidence un peu irrité après quelques heures d’emplettes dans le quartier Côtes-des-neiges. Imaginez, dans les huit boutiques que j’ai explorées à la recherche de cadeaux de Noël, les membres du personnel rencontrés se sont d’abord adressés à moi en anglais. Évidemment, je n’ai pas cédé à cela et les employés en question ont baragouiné un français assez rudimentaire. Il y avait de quoi être irrité! Il me semble que le français devrait être premier en tout temps.et par la suite les autres langues. Je peux comprendre que ce quartier est le plus multiethnique de la métropole, mais cela n’explique pas cet état de fait. Il y a du laxisme en haut lieu et un manque de fierté de la population francophone en général. Nous sommes les francophones, un peu responsables de cette situation. À mon humble avis, c’est à Montréal que le problème linguistique est le plus criant. Il n’y a rien à craindre pour Drummondville, St-Hyacinthe, Victoriaville et j’en passe. C’est une problématique majeure puisque 50% de la population du Québec habite dans la grande région métropolitaine.
L’avenir de la langue dépend fondamentalement de chacun de nous, de notre appartenance et de notre fierté de parler français. Force nous est de constater que trente-cinq ans de politique linguistique n’auront pas, malheureusement, amené les francophones du Québec à plus de fierté, à un désir réel de faire entendre sur toutes les tribunes un français de qualité. Il semblerait même que l’anglais prime lorsque l’on constate que les personnes qui parlent français le font avec hésitation. Un des problèmes sérieux du Québec, c’est que les francophones dit de souche ne se renouvellent pas. Après 40 ans d’infécondité, il ne faut pas se surprendre que le nombre des francophones diminue au profit des immigrés qui n’adoptent pas toujours le français comme langue première.
Et c’est à Montréal que les francophones sont les moins féconds du Québec; toutes les statistiques le démontrent la présence francophones s’amenuise dans la métropole. Les vagues de nouveaux arrivants, en provenance de partout dans le monde, s’établissent à 80% dans la métropole. La régionalisation de l’immigration, comme dans certains pays européens, n’a pas encore la cote chez nous. Nous ne sommes pas à la veille de l’assimilation, mais il faut être vigilants, Il importe donc que les autorités mettent de l’avant un programme de valorisation de la langue commune au Québec. Il y a six mois, Gilles Duceppe exprimait son inquiétude lors d’une entrevue à RDI : « Si les Québécois, d’ici 15 ans, ne bougent pas, inévitablement on sera sur la même pente que les Franco-Ontariens et les Acadiens. C’est l’assimilation fulgurante. Faut pas se cacher la vérité. »
Nous le savons tous, les Québécois vivent dans un environnement composé de 300 000 millions d’anglophones. Nous sommes à trente minutes de voiture de la première puissance économique et culturelle du monde qui transige en anglais uniquement. Malgré le dynamisme de la communauté francophone d’ici, l’usage de la langue française dans le reste du pays ne fait que diminuer, il ne reste que 2,5% d’usagers. Il s’agit d’écouter les Ministres du gouvernement Harper pour se rendre compte que le bilinguisme existe peu, sinon au Québec. Notre coin de terre est un peu similaire au petit royaume des Gaulois dans Astérix. Depuis la fin des années cinquante, il y un effort colossal qui a été fait pour affirmer le fait français surtout à Montréal. Mais les récentes études démontrent que l’intégration des immigrants défavorise les francophones principalement dans la métropole.
La question linguistique n’est donc pas près de disparaître de l’actualité québécoise et pour cause. Saviez-vous que Montréal est toutefois la ville canadienne où la connaissance d’une troisième langue est la plus répandue? Quoi qu’il en soit, il est impératif de maintenir le bon usage de la langue française et cela un peu partout. Les médias ont un rôle majeur dans l’usage et la promotion d’un français de qualité. Tous les observateurs dénotent une pauvreté linguistique sur les chaînes de radio et de télévision. Redonnons à notre langue ses lettres de noblesse et soyons fiers de bien la parler. Il importe que notre langue soit le moteur de notre développement économique, social et culturel. Surtout, ne baissons pas les bras!