Par les temps qui courent, le risque fait un petit peu peur. Le firmament économique de l’an 2012 n’annonce rien de mirobolant et de lumineux. Les marchés demeurent frileux et les avancées hasardeuses méritent profonde réflexion. Dans le contexte mondial actuel, c’est un risque assez important que viennent de prendre ces jours derniers les employés de Rio Tinto Alcan dans la belle région du Saguenay. Nous le savons fort bien, les ouvriers du secteur des alumineries au Québec détiennent les emplois les plus fortement subventionnés par l’État. Mais il s’en produit d’aluminium dans le monde. Ces syndiqués, avec un maigre salaire annuel de 91 000 $ en moyenne, ont décidé de braver la multinationale en demandant des sécurités supplémentaires. Avec un régime d’avantages sociaux inégalés, il semblerait que cela n’était pas suffisant. Même avec trois mois de vacances annuelles pour les plus anciens, cela ne répondait pas encore aux attentes de ces nantis de l’aluminium à peine scolarisés d’une 5e secondaire. Le syndicat, avec l’appui des employés lock-outisés, réclament une limitation à la sous-traitance par l’entreprise et le maintien d’un plancher d’emplois permanents à combler obligatoirement.
Un conflit de travail peut se justifier, il me semble, lorsqu’il met de l’avant des demandes réclamant de justes conditions de travail, un environnement sain, respectueux et sécuritaire ou encore en s’objectant à des réductions drastiques des salaires et des iniquités flagrantes. Mais non, il n’y a rien de tout cela dans ce conflit où les employés sont traités royalement si on les compare à la moyenne des travailleurs des usines de la province. Rappelons aussi que la multinationale Rio Tinto a plusieurs points d’ancrage un peu partout dans le monde et que les Bluets du Saguenay ne feront pas nécessairement le poids devant d’éventuelles décisions administratives qui pourraient rayer de la carte cette magnifique usine qui fait la fierté de la région. Au fond qui risque le plus dans ce conflit d’origine douteuse ? Espérons que la bonne raison primera sur les décisions futures pour chacune des parties en cause. L’avenir d’une région en dépend, ce n’est pas rien.
Le ciel étoilé de 2012, espérons-le, apportera un nouveau regard sur la situation des ouvriers d’Alma et sur ce monde en ébullition, en mutation continuelle. Notre manière même de vivre et de consommer a des répercussions outre-frontières. Nous le réalisons de plus en plus lorsque nous effectuons nos emplettes; les tablettes fourmillent de produits asiatiques atteignant jusqu’à 80% de ce que nous achetons. Tous les astres semblent s’aligner pour une autre année de soubresauts économiques et de conflits internationaux. Mais il faut vivre à travers tout cela le mieux possible d’une manière équilibrée. Malgré les hausses de taxes et des coûts des denrées de base, l’économie canadienne sera moins touchée que les autres selon la boule de cristal de nos super experts du monde économique.
Oui, la nouvelle année nous incite à revoir nos habitudes, nos comportements et nos attitudes. La prise de bonnes résolutions n’est pas superficielle en soi, au contraire. Elle nous invite à un dépassement, à un effort soutenu vers un mieux-être personnel et souvent collectif. Mais ce n’est pas l’effort de volonté qui est le principal garant du succès : c’est la qualité et la précision de l’objectif en lui-même. Le Groupe Investors révélait le 22 décembre dernier que 72% des Canadiens ne se tracassent pas de résolutions du Nouvel An. « Ceux qui en prennent reconnaissent qu’ils ont du mal à les tenir. Seulement 13% des répondants au sondage disent tenir leurs résolutions et 14% disent ne jamais être capables de les tenir ». Mais le passage à la nouvelle année est un moment propice pour réfléchir, faire le point sur ce que nous sommes et ce que souhaitons devenir. À chacun de nous de choisir un objectif entraînant et stimulant qui fait appel à toute notre personne, quelque chose qui fera de nous de meilleurs citoyens, plus responsables, plus lucides et plus solidaires. À chacun sa résolution!