Ce matin en me levant, je me suis souvenu de la célèbre chanson du groupe québécois Beau Dommage (1974) et je fus étonnamment surpris à la fredonner: « 23 décembre, Joyeux Noël! Monsieur Côté, Salut Ti-cul, on se reverra le 7 janvier. » Eh! bien, nous y sommes au 7 janvier les amis, vingt-cinq ans plus tard!
Ce matin en me levant, je me suis souvenu de la célèbre chanson du groupe québécois Beau Dommage (1974) et je fus étonnamment surpris à la fredonner: « 23 décembre, Joyeux Noël! Monsieur Côté, Salut Ti-cul, on se reverra le 7 janvier. » Eh! bien, nous y sommes au 7 janvier les amis, vingt-cinq ans plus tard!
Après les rencontres festives dans la parenté, les soirées de placotage entre vieux amis, les dégustations de la tourtière de Georgette, du ragoût de boulettes de Pauline, de la tarte au sucre d’Églantine et la prise du célèbre caribou de l’oncle Arthur, nous tenterons tant bien que mal de reprendre la routine; celle qui replace l’estomac et démêle un peu les factures laissées pêle-mêle sur la table de chevet. Chargée à bloc, la carte de crédit n’attend que soulagement, du moins pour son usager quelque peu fatigué de cette période accaparante, mais stimulante à bien des égards. N’oublions surtout pas les cinq conseils simples de la Banque Scotia, à ceux qui éprouvent des difficultés financières, malheureusement communiqués aux usagers après la période des fêtes il va de soi. « Plus ça change, plus c’est pareil! » diront certains laconiquement. Avec tous les scandales économiques et les dérives financières de 2008, les grandes banques ne semblent pas trop se formaliser en cette période de morosité des questions éthiques et des responsabilités sociales auprès des moins fortunés.
Un peu partout, le passage à la nouvelle année a été souligné avec faste. Même la ville de Québec y est allée de ses quatre cents coups avec un maire Labaume gonflé à bloc par la fierté légitime et la confiance retrouvée des concitoyens de sa ville fortifiée. C’est vrai, l’année 2008 aura été sans contredit, celle de la ville de Québec. Au cours de cette période festive, les pays arabes ont toutefois préféré minimiser leur ardeur devant les bombardements meurtriers et scandaleux de Gaza. Ce n’étaient pas des feux d’artifice et de joie, mais bien des tirs meurtriers et destructeurs qui ont décimé de civils innocents ces jours derniers. Dire que la fête du 1er janvier est devenue, selon les désirs du Pape Paul VI, la Journée mondiale de la paix! Il y a encore du chemin à parcourir sur ce rêve inachevé.
La nouvelle année ne vient que de débuter et déjà les discours les plus pessimistes sur le plan économique ont rempli les chroniques des quotidiens et modifié quelque peu les perspectives pas mal feutrées du ministre fédéral des finances Jim Flaherty. Depuis des mois, nous étions prévenus: nous voilà les deux pieds dans la récession! Préparons-nous d’ici quelques jours au fameux débat sur le budget fédéral; nous serons loin, là aussi, des feux d’artifice et de joie. Entre vous et moi, qui comprend réellement ce qui se passe sur le plan économique? J’ai l’impression que tout le monde est mêlé et que nos gouvernements ne savent plus sur quelle ficelle tirée pour nous dépêtrer de tout ce méli-mélo. Aux hasards des conversations du temps des fêtes, j’avais vivement l’impression que les gens ordinaires sont en attente, une sorte de calme avant la tempête.
Ne rêvons pas de recettes-miracles au cours des prochains mois! La terre tourne depuis des siècles et les crises se sont succédé périodiquement sur cette bonne vieille planète. Ces fameuses crises épisodiques sont souvent une occasion privilégiée de remise en question de certains acquis, d’ajustements à de nouveaux paradigmes, de découvertes de nouvelles avenues, de chance inouïe de réinventer ce qui ne peut plus durer. Certes, ce sont les fondements même de nos institutions, de notre manière de les gérer éthiquement et des perspectives envisagées qu’il faut revoir en profondeur. Plus que jamais, notre monde a besoin de dirigeants clairvoyants. On ne soulève pas un peuple qu’avec des signes de piastre. Il faut de la vision, un sens à donner à nos humbles pas. Nous ne sommes pas que des consommateurs de gadgets, de surgelés, de prêt-à-porter ou encore des friands d’amuseurs publics.
Nous sommes des êtres habités d’infini qui avons soif de bonheur, de réalisation de soi, de supplément d’âme. J’ose espérer que 2009 verra se lever parmi nous des hommes et des femmes qui prendront le risque de refaire un peu notre monde. Le pragmatisme et la solidarité devront être certes au rendez-vous si on veut retrouver une certaine harmonie sociale et un développement durable. Mais, s’il-vous-plaît, n’arrêtons jamais de rêver! Vingt-cinq ans plus tard, on se reverra le 7 janvier!
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Jean-Guy Roy