Du 11 au 17 mai se tiendra, comme à tous les ans, la Semaine québécoise des familles. Sous le thème « Pour un Québec famille! », l’édition 2009 invite les gens de chez nous à prendre parole et à valoriser les familles de leurs milieux par diverses initiatives tout en les soutenant dans leur rôle. C’est en 1994 que l’ONU déclara le 15 mai, Journée internationale des familles. Je ne vous apprends rien en vous disant que la famille québécoise a connu des bouleversements majeurs au cours des dernières décennies. Soyez certains, le portrait de la famille québécoise n’a pas fini de se transformer dans l’avenir. Non, ce n’est pas fini, mes amis!
Plusieurs d’entre vous se souviennent sans doute de la série télévisée « Quelle famille! » (1969 à 1974) en compagnie de Gérard et Fernande Tremblay joués admirablement par Jean Lajeunesse et Jeannette Bertand. C’était l’histoire d’une famille montréalaise aux prises avec les excentricités de tous ses membres, surtout des cinq enfants qui vivaient la révolution tranquille et le « Peace and Love » de la génération hippie. Chaque émission de cette comédie de situation se terminait toujours par la réplique suivante : « Quelle famille! ». Cela fait déjà quarante ans!
Oui, la famille québécoise a connu depuis cette fameuse série télévisée fort populaire sa propre révolution. Trois enfants sur cinq naissent en dehors mariage et la proportion des mariages brisés par un divorce atteint 53,5%. Le mariage dans sa forme traditionnelle connaît un déclin continu et sans précédent. Tous les indicateurs soulignent que de plus en plus de gens choisissent l’union libre plutôt que le mariage comme base pour fonder une famille. Le Québec affiche l’un des plus bas taux de natalité parmi les pays occidentaux depuis au moins deux ou trois décennies. Toutefois, la province depuis quelques années connaît un petit « baby boom ». Serait-ce le retour à des valeurs fondamentales?
Dans cette famille aux allures reconstituées pour un grand nombre, des relations se tissent, des êtres grandissent. La famille demeure sans contredit la composante de base essentielle de toute société. C’est là que les enfants font leurs premiers pas dans la vie, apprennent les balbutiements de la socialisation, s’enracinent dans un terreau propice à leur épanouissement. La famille constitue un soutien important, voire essentiel, concernant la vie en société pour les personnes de tous âges. C’est un point de repère, une référence, une inspiration. Malgré la fragilité des relations familiales, c’est dans ce terreau que l’identité de chaque personne s’élabore, s’édifie. Toute personne a besoin d’appartenir à un réseau qui dynamise et fait vivre.
Il est facile de constater que les familles québécoises forment de plus en plus un groupe hétérogène. Il y a des familles biparentales, des familles monoparentales, des familles biparentales reconstituées et des familles de parents de même sexe. Oui, quelle famille! Chaque type de famille recèle ses réalités et ses défis, ses manières d’être et de vivre ses rapports. Dire que mes parents, Simon et Patricia, ont eu treize enfants et sont restés ensemble jusqu’au bout. Quoi qu’il en soit, la famille sera toujours, au-delà des modes et des générations, la cellule de base. Dans le contexte actuel, les défis du vivre ensemble demeureront très grands, mais d’y parvenir, extrêmement salutaire pour l’avenir du Québec.
Il y a vingt ans, 5% des familles étaient recomposées. Aujourd’hui, c’est le cas de 12,4% d’entre elles. Et leur nombre ne cessera d’augmenter même si le taux de divorces est stable, autour de 50%. Toutefois, depuis plusieurs années, ils se produisent de plus en plus tôt. Il est assez évident que plus les parents divorcés sont jeunes, plus les chances de reformer une famille sont grandes. Les Québécois aiment la vie familiale, c’est dans nos gènes. Nous aimons la vie de « gang », la fête. Chez nous, les familles se recomposent beaucoup et rapidement. Vous n’avez qu’à regarder autour de vous, dans votre propre famille. Les enfants appartiennent souvent non pas à une, mais à deux familles recomposées, celle du père et celle de la mère. Ils ont beaucoup plus de grands-parents que de frères et sœurs.
Il est clair que la vie familiale est plus complexe, cela demande plus de dialogue et de compromis. Quels sont les rôles des grands-parents, les attentes des deux membres du couple, le rôle du parent biologique et j’en passe. Complexité ne signifie pas nécessairement impossibilité. C’est la réalité des familles de chez nous. La famille intacte comme celle de Patricia et Simon n’est pas automatiquement associée au bonheur. La famille recomposée demeure toutefois un défi constant d’ajustements et n’est pas nécessairement associée à malheur et instabilité. J’en connais qui fonctionnent super bien.
Il n’y a pas de famille parfaite et Léon Tolstoï disait : « Toutes les familles heureuses le sont de la même manière et les familles malheureuses le sont chacune à leur façon » En fait, la famille idéale, ce sera toujours celle dans laquelle les gens grandissent le plus harmonieusement possible, celle dans laquelle ils seront heureux. Vivre ensemble, c’est une histoire de famille qui s’écrit au jour le jour et façonne nos manières d’être et de faire. Nous avons tous nos histoires de famille, avec ses joies et ses peines, mais ce sera toujours notre famille pour le meilleur et pour le pire. Quelle famille! Jean-Guy Roy
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